« Bien choisir sa filière commence avant le bac, et l’orientation doit tenir compte des métiers et compétences de demain. » Cette phrase du directeur-fondateur de l’Institut Universitaire MathFinEco semble avoir trouvé tout son sens lors de la journée portes ouvertes organisée ce samedi 29 août dans l’enceinte de l’institut. À travers cette initiative, le directeur entend sensibiliser les nouveaux bacheliers aux mutations du monde professionnel et les aider à mieux choisir leur filière, en tenant compte des exigences et des opportunités de demain.
Le monde du travail change, les métiers évoluent et les compétences recherchées ne sont plus les mêmes. En effet, une réalité que le professeur des finances a fait comprendre aux jeunes lors de sa communication. Pour le directeur de l’Institut, Etienne Yèhoue, cette démarche répond à une nécessité. « Le monde traverse des mutations majeures », a-t-il expliqué. À l’en croire, les formations choisies doivent tenir compte de ces transformations, au risque pour les jeunes de se retrouver sans emploi à la fin de leur parcours. L’universitaire a notamment évoqué l’évolution liée aux révolutions industrielles. Après une première révolution fondée sur le charbon et une deuxième marquée par les énergies fossiles, le monde entre, selon lui, dans une troisième révolution industrielle, portée notamment par les énergies renouvelables et le numérique. « Le Bénin n’a pas le choix », a-t-il lancé, estimant que le pays doit préparer sa jeunesse à ces nouvelles réalités. Cette évolution entraîne également l’apparition ou le développement de nouvelles compétences. « C’est la jeune génération qui doit être au front pour innover, avoir d’ailleurs la formation adéquate, prendre des initiatives », a-t-il souligné. L’IUM entend ainsi former les nouveaux étudiants non seulement pour le salariat, mais aussi pour l’entrepreneuriat.
Des formations adaptées aux nouveaux métiers
« Nous essayons de calibrer les formations que nous donnons ici par rapport à ces mutations qui se font dans le monde », a expliqué le directeur. Au nombre des formations proposées par l’Institut Universitaire MathFinEco figurent notamment les énergies renouvelables, le numérique et les sciences actuarielles. Dans le domaine du numérique, l’offre s’étend à plusieurs spécialités, dont l’intelligence artificielle, le Machine Learning, les Large Language Models (LLM), les systèmes embarqués, les drones, l’AI for Finance, la bioinformatique ainsi que la gouvernance et les réseaux. L’établissement met également l’accent sur Data Scientists, présentée comme une discipline nouvelle consacrée au traitement des données massives. Elle s’appuie, selon le fondateur, sur les mathématiques, les statistiques et le numérique pour analyser et exploiter de grandes quantités de données. Une compétence appelée, à ses yeux, à occuper une place importante dans les métiers de demain.
Dans cette même posture, la docteure en sciences actuarielles, Reine Kakpo la présente comme une discipline consacrée au traitement des données massives. « Cette science se base sur les mathématiques, sur les statistiques et sur le numérique pour faire le traitement des données massives », a-t-elle précisé. Elle insiste sur l’importance d’anticiper le choix d’une filière. « La filière normalement ne doit pas se choisir après le bac. Depuis la classe de seconde, déjà, l’enfant pense à ce qu’il va faire après le bac », a-t-elle déclaré. Elle cite notamment les sciences actuarielles, l’ingénierie financière, le génie civil et les énergies renouvelables parmi les filières d’avenir.
Une ouverture sur l’international et l’après-formation
L’Institut Universitaire MathFinEco (IUM) mise aussi sur une ouverture internationale. « Nous sommes en fait un gateway entre le Bénin et le reste du monde », a indiqué Dr Yehoue. L’établissement s’appuie notamment sur des enseignants venant des États-Unis, du Canada et de la France. L’accompagnement se poursuit également après la formation, avec un réseau d’anciens étudiants et des possibilités de poursuite d’études à l’étranger. Pour le directeur, l’objectif est de donner aux jeunes une formation adaptée aux réalités actuelles, mais aussi de leur permettre de construire leur avenir au-delà du diplôme. Par ailleurs, pour accéder à ces formations, Reine Kakpo estime nécessaire de disposer d’un socle solide dans plusieurs disciplines. « Il faut un bagage mathématique, physique, informatique et parfois aussi littéraire, les langues », a-t-elle précisé. Au-delà de la formation universitaire, la spécialiste a évoqué les possibilités d’accompagnement offertes aux étudiants dans leur parcours. Selon elle, l’IUM accompagne notamment les étudiants souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger. « Nous avons l’accompagnement pour obtenir le visa », a-t-elle indiqué.Elle a également évoqué la possibilité, pour certains étudiants, de poursuivre leur parcours en France après leur formation. « Même quand vous finissez, par exemple, le master en sciences actuarielles, il y a possibilité que vous passiez deux ans, si vous avez les moyens, en France pour pouvoir avoir des diplômes étrangers et revenir avec un diplôme étranger », a-t-elle expliqué.
Cette journée doit ainsi permettre aux nouveaux étudiants de mesurer les acquis issus des différentes communications et de mieux cerner les enjeux liés au choix d’une filière.




Alola BIAOU