Deux mois après sa déclaration, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo s’impose déjà comme l’une des plus meurtrières jamais enregistrées. Même si la propagation de cette épidémie est maîtrisée en Ouganda, la RDC demeure fragile face à une souche d’Ebola sans traitement, ni vaccin.
Selon les derniers bilans des autorités sanitaires et de l’OMS, le virus a officiellement causé plus de 700 décès pour près de 2 000 cas. « Il s’agit désormais de la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée », alerte l’Organisation mondiale de la Santé.
L’Ouganda qui est également touché par cette épidémie, a enregistré deux décès et 17 patients guéris. Les autorités ont annoncé que le dernier patient atteint doit sortir de d’hôpital ce jeudi. A l’issue de 42 jours de compte à rebours, le pays pourrait être déclaré exempt du virus, a déclaré un porte-parole du gouvernement.
Déclarée le 15 mai, cette flambée est provoquée par la souche rare Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué. L’épicentre se situe dans la province de l’Ituri, une zone reculée en proie à l’insécurité des groupes armés, ce qui complique considérablement la riposte.
L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale et maintient le risque à un niveau « très élevé » en RDC. Le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé à un cessez-le-feu pour permettre le suivi des cas contacts et l’isolement des malades.
Avec 598 cas confirmés dont 115 décès et 5 040 contacts suivis au 6 juin, les équipes sanitaires redoutent une poursuite de la transmission. L’OMS a dévoilé par ailleurs un plan de 518 millions de dollars pour tenter d’endiguer la propagation.
Ezechiel Dagbégnon PADONOU