( Le régisseur au cœur des accusations)
Après la déclaration de Candide Azannaï dénonçant des conditions de détention qu’il juge contraires à la dignité humaine, son avocat, Me Aboubakar Baparapé, est revenu à la charge ce dimanche 28 juin 2026 sur Crystal News. Déjà auteur d’une lettre d’alerte adressée aux autorités, l’avocat affirme que son client subit un traitement « inhumain » à la prison civile d’Akpro-Missérété. Il met directement en cause le régisseur, qu’il accuse de bafouer les droits d’un détenu en détention provisoire.
Pendant plus de six mois, Candide Azannaï s’est imposé le silence. Un silence qu’il dit avoir observé par respect pour la justice et les institutions. Mais dans une récente déclaration adressée à la Nation, l’ancien ministre estime que le moment est venu de dénoncer ce qu’il présente comme une succession d’atteintes à sa dignité et à ses droits fondamentaux depuis son incarcération à la prison civile d’Akpro-Missérété.
En effet, maintenu en détention provisoire depuis le 19 décembre 2025, Candide Azannaï affirme vivre en isolement permanent, privé de promenade pendant plusieurs mois, empêché de consulter son médecin personnel et soumis à des conditions de détention qu’il juge incompatibles avec le respect dû à toute personne privée de liberté. Il évoque également des visites nocturnes répétées dans sa cellule, des travaux ayant rendu l’air difficilement respirable, une coupure d’eau prolongée et un transfert vers la CRIET qui continue d’alimenter ses inquiétudes quant à sa sécurité. L’ancien porte-parole du gouvernement dit avoir saisi à plusieurs reprises les autorités compétentes, sans obtenir de réponse satisfaisante. Il s’interroge même sur la transmission effective de ses courriers à la hiérarchie pénitentiaire.
Ces allégations interpellent d’autant plus qu’elles concernent un détenu qui, juridiquement, bénéficie toujours de la présomption d’innocence. Elles soulèvent une question fondamentale : jusqu’où peut aller l’autorité pénitentiaire sans porter atteinte aux droits garantis par les lois nationales et les conventions internationales ?
Le régisseur dans le viseur de la défense
Les accusations de Candide Azannaï trouvent désormais un écho dans les déclarations de son avocat, Me Aboubakar Baparapé. Invité de Crystal News ce dimanche 28 juin 2026, l’homme de droit a affirmé avoir alerté, bien avant la sortie publique de son client, le procureur spécial, le ministre de la Justice ainsi que le président de la commission d’instruction sur les conditions de détention qu’il juge alarmantes.
Selon lui, le mandat de dépôt de son client prévoit un régime communautaire et non un isolement permanent. Pourtant, affirme-t-il, Candide Azannaï est enfermé vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans une cellule privée de lumière naturelle. Plus grave encore, Me Baparapé soutient que sa fille, médecin installée à Paris et venue au Bénin pour lui prodiguer des soins, n’a pas été autorisée à le consulter. Il rappelle également que les textes internationaux reconnaissent au détenu le droit d’être examiné par le médecin de son choix.
Par ailleurs, l’avocat dénonce directement le comportement du régisseur de la prison, qu’il accuse de s’affranchir des prescriptions légales. Selon lui, plusieurs courriers adressés par son client aux autorités compétentes n’auraient jamais quitté la prison. Il affirme également avoir lui-même obtenu du procureur spécial l’assurance que les conditions de détention seraient améliorées, sans qu’aucun changement concret ne soit intervenu. Me Baparapé va plus loin. Il accuse le régisseur de faire preuve d’un « zèle » particulier contre son client. Il évoque la proposition faite à Candide Azannaï d’effectuer une marche à 19 heures, seul dans une cour vide, alors que celui-ci réclamait simplement les promenades prévues pour tous les détenus. « Il ne s’agissait pas d’une promenade, mais d’une marche commando », affirme-t-il.
L’avocat révèle également avoir lui-même subi un traitement qu’il juge humiliant lors d’une visite à la prison. Il dit avoir été victime de maltraitance et rappelle que ses effets personnels ont été soumis à un contrôle qu’il estime excessif. Selon lui, si un avocat est traité de cette manière dans l’exercice de sa profession, « personne n’est en sécurité ». Surnommé, selon Me Baparapé, « Atika l’empereur dans son bunker », le régisseur est désormais au centre des critiques. Des accusations graves qui, si elles étaient établies, engageraient la responsabilité de l’administration pénitentiaire. Elles appellent, à tout le moins, des explications des autorités concernées et, le cas échéant, des vérifications indépendantes.
Au-delà du cas Candide Azannaï, cette affaire ravive le débat sur le respect des droits des personnes en détention provisoire. Dans un État de droit, la privation de liberté ne saurait justifier la privation de dignité. Les allégations formulées par l’ancien ministre et reprises par son avocat méritent donc d’être examinées avec toute la rigueur, la transparence et l’impartialité qu’exige la protection des droits fondamentaux.
ASG