Le Conseil des ministres du mercredi 3 juin 2026 aura apporté un début de réponse aux frustrations qui s’observaient dans les formations politiques de la mouvance présidentielle depuis l’installation du nouveau régime. En procédant à la nomination des préfets des douze départements du Bénin, le président de la République, Romuald Wadagni, a offert aux partis politiques qui l’ont soutenu lors de la présidentielle leur première véritable récompense politique.
Les partis politiques de la mouvance viennent d’avoir leur première part du gâteau après l’élection de Romuald Wadagni. En effet, au lendemain de la formation du premier gouvernement, des voix s’étaient élevées au sein des grands blocs de la mouvance pour dénoncer une représentation insuffisante des partis politiques. Elles estimaient n’avoir pas bénéficié d’un retour à la hauteur des efforts consentis dans la bataille électorale. La désignation des douze préfets apparaît ainsi comme une bouée d’oxygène.
À travers ces nominations, le chef de l’État semble avoir corrigé ce qui était perçu par certains militants et responsables comme une injustice. Les partis politiques de la majorité présidentielle, qui ont mobilisé leurs bases et contribué à la victoire du candidat de la mouvance, voient désormais certains de leurs cadres accéder à des postes stratégiques dans l’administration territoriale. À l’exception de Laurent Zomaï, considéré comme un proche du président de la République mais ne revendiquant pas d’appartenance formelle à une formation politique, l’ensemble des autres préfets nommés est issu des différentes composantes de la mouvance présidentielle.
Dans les états-majors des partis de la majorité, cette décision est accueillie comme une bonne nouvelle. Après plusieurs jours d’interrogations, les responsables politiques disposent désormais d’arguments pour rassurer leurs militants. Beaucoup y voient la preuve que le chef de l’État n’a pas oublié ceux qui ont contribué à son accession à la magistrature suprême. Au-delà de la dimension politique, ces nominations permettent également au nouveau pouvoir de consolider son maillage territorial. Les préfets constituent en effet les principaux relais de l’État dans les départements et jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre des politiques publiques.
En choisissant des personnalités proches de la majorité présidentielle, le gouvernement se dote de représentants susceptibles d’accompagner efficacement ses ambitions de développement et ses réformes. S’il est évident que d’autres nominations pourraient encore intervenir dans les semaines à venir au profit des partis politiques, la désignation des préfets marque déjà une étape importante dans le soulagement des mouvanciers.
Mohamed Yèkini