Avant même la réforme constitutionnelle instaurant le Sénat, le président Boni Yayi avait refusé de siéger pour des raisons évidentes. L’exclusion politique, sociale et économique, la mise à sac des libertés, la destruction de l’édifice démocratique du Bénin et la mise à mal sans ménagement du vivre ensemble étaient entre autres faits qui ont offusqué l’ancien président du parti Les Démocrates au point de contester et dénoncer la révision de à constitution béninoise en 2025. Mais depuis novembre 2025, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Ce mercredi, le président Boni Yayi est revenu sur sa position et décide officiellement de siéger au Sénat à partir du 30 Juillet 2026. Un choix qui ne manque pas de raisons et surtout d’arguments aussi logiques que constitutionnels.
De 2016 à 2026, le Bénin a connu une gouvernance calquée sur la recherche du profit, le capitalisme loin du social qui pourtant reste et demeure un pan vital pour la paix et l’épanouissement des populations. Contrairement au régime du président Boni Yayi, les 10 ans de la rupture ont été pour le peuple béninois une traversée qu’il n’est pas prêt à revivre. Dans la ruse et la rage, des décisions ont été prises et imposées pour faciliter, dit-on, la conduite du Bénin vers la prospérité que les béninois ne sentiront jamais, ou du moins avant le 24 Mai 2026. Au bilan, selon le Président Boni Yayi, << Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore. Les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats.>>. Après des années de pourrissement de l’environnement politique au prix de l’exclusion et de chasses aux sorcières, une nouvelle page s’ouvre avec l’élection du président Romulad Wadagni et surtout l’instauration du Sénat qui apparaît comme un cadre politique de dialogue capable de renverser les lugubres tendances rupturiennes. Boni Yayi, du haut de ses 75 ans d’âge, pétri d’expérience politique pour avoir été président de la République, président et des nombreuses institutions sous régionales sans oublier ses nombreux et salutaires rôles dans le dégel des tensions politiques dans plusieurs pays surtout africains, détient sans doute la clé de l’apaisement des tensions qui noircissent l’image du Bénin et polluent le quotidien de ses compatriotes.
Si Boni Yayi accepte siéger au Sénat, il n’y va certainement pas pour enrichir l’effectif de l’institution ou pour le plaisir des initiateurs de la reforma constitutionnelle instaurant la haute chambre. En tant que démocrate et en toute sagesse, l’ancien président de la République respectueux de la loi fondamentale veut d’abord répondre à une obligation constitutionnelle et surtout obéir aux aspirations du peuple fondées sur des valeurs telles que la justice, la démocratie et la paix. En siégeant au Sénat, Boni Yayi est convaincu de pouvoir avec ses pairs sénateurs apporter des solutions qui manquaient pour la décrispation de l’atmosphère politique sulfureuse depuis 10 ans. La décision de siéger prise par Boni Yayi n’a pas été facile. Mais convaincu que beaucoup de choses peuvent positivement changées après les luttes menées et malgré les obstacles rencontrés jusque-là, Boni Yayi accepte respecter la constitution du Bénin qui lui en fait obligation en son article 13 alinéa 3. <<….après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple.>>, rassure le président Boni Yayi qui fera peser sa voix dans les décisions qui seront prises par la Haute chambre pour l’intérêt supérieur de la nation.
C’est de lui et de sa présence au Sénat que viendront la libération des détenus politiques et le retour des exilés. Qui sait ? Pour l’heure, le président Boni Yayi rassure qu’il ne trahir ni sa conviction, ni l’aspiration du peuple béninois au sein du Sénat où compte exercer légalement ses droits de sénateurs que la constitution lui confère en tant que membre de droit. << Je vous rassure : je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie, le pain et la paix.
Je resterai fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique >>, confie-t-il mercredi à son domicile à Cadjehoun à Cotonou à l’occasion d’une déclaration de presse confirmant sa présence au Sénat.
Lire ci-après l’intégralité de sa déclaration
Mes chers compatriotes,
Au moment où le projet de loi portant révision de la Constitution et instituant le Sénat a été introduit, et avant même son examen par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, j’avais publiquement fait connaître ma position, en indiquant clairement que je n’envisageais pas de siéger au sein de cette institution, pour les raisons que j’avais alors exposées.
La loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore.
Les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats.
Chers compatriotes,
Je partage les préoccupations du peuple quant à la nécessaire décrispation de la vie politique, à travers la prise en compte des priorités qui ont toujours été les miennes, à savoir : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales incompatible avec l’existence de prisonniers et d’exilés politiques, le renforcement des acquis de l’unité nationale, la sécurité, la défense du territoire, le dialogue, la démocratie et la paix.
Je vous rassure : je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie , le pain et la paix.
Je resterai fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique.
C’est pourquoi, après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple.
Mes Très chers compatriotes,
En vertu de l’article 113-3 de la constitution, je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la constitution.
Je m’efforcerai avec mes collègues à faire du Sénat un vase d’honneur pour les intérêts du peuple.
Continuons de prier pour notre pays et d’œuvrer pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie.
Union de prières.
Dieu bénisse le Bénin !