Dans un communiqué publié ce mercredi 29 avril 2026, Ouagadougou interdit toute importation de riz jusqu’à nouvel ordre. Par cette décision, le gouvernement entend écouler la production nationale et protéger la filière locale.
Le gouvernement burkinabè a annoncé, ce 29 avril 2026, la suspension immédiate de toutes les importations de riz sur l’ensemble du territoire. La mesure, qui s’applique « jusqu’à nouvel ordre », est justifiée par la volonté de « favoriser l’écoulement de la production nationale de riz » et de réduire la dépendance alimentaire.
La décision intervient alors que les stocks de riz local peinent à trouver preneur face à la concurrence asiatique, moins chère. Le Burkina Faso a produit près de 450 000 tonnes de riz paddy en 2025, selon le ministère de l’Agriculture, mais une part importante reste invendue dans les plaines de la vallée du Sourou et de Bagré. En bloquant les importations, les autorités veulent garantir des débouchés aux producteurs et stabiliser les prix à la ferme.
Cette mesure protectionniste soulève des inquiétudes. Le riz importé représente encore 60% de la consommation nationale. Les associations de consommateurs redoutent une flambée des prix dans les marchés de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso si la production locale ne suit pas. Le gouvernement assure que des stocks stratégiques seront mobilisés et que la campagne 2026, soutenue par des subventions en engrais, doit couvrir les besoins.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU