Après le départ du groupe Wagner, le Mali s’est tourné vers l’Africa Corps pour continuer sa lutte contre les groupes terroristes. Mais ce partenariat avec la Russie coûte cher et ses résultats sont encore discutés.
Selon des informations rapportées par Jeune Afrique, la facture globale de cette coopération suscite beaucoup de questions. Près de 900 millions de dollars. C’est le montant estimé de ce que le Mali aurait dépensé pour sa coopération militaire avec la Russie entre fin 2021 et décembre 2025. Une somme très importante pour un pays qui fait face à une insécurité persistante, notamment dans le centre et le nord du territoire.
Après le départ progressif des forces françaises, les autorités maliennes dirigées par le colonel Assimi Goïta ont choisi de s’appuyer sur le groupe Wagner pour renforcer l’armée nationale. Les mercenaires russes sont arrivés à partir de 2021 et auraient compté jusqu’à environ 2 500 hommes sur le terrain. Leur présence était payée à un coût élevé, pouvant atteindre plusieurs millions de dollars chaque mois.
Une coopération très coûteuse
Selon une source ayant connaissance de cette comptabilité, la note couvrant les trente derniers mois d’activité de Wagner, de janvier 2023 à juillet 2025, s’élève ainsi à 681 millions de dollars pour la partie malienne. Puis, l’installation , sera financée à hauteur de 202 millions de dollars. En somme, depuis l’arrivée de Wagner fin 2021 jusqu’à décembre 2025, le partenariat sécuritaire avec les Russes aurait coûté à Bamako.
D’après les données relayées par Jeune Afrique, les opérations liées à Wagner entre 2023 et 2025 auraient coûté environ 681 millions de dollars au Mali. À cela s’ajoutent plus de 202 millions de dollars pour la mise en place d’un premier contingent de 1 000 hommes de l’Africa Corps, entre décembre 2024 et novembre 2025 qui a pris le relais après la mort d’Evgueni Prigojine en 2023.
Selon une source évoquée par Jeune Afrique, le salaire mensuel aurait été fixé à environ 3 000 dollars par mercenaire.En moyenne, chaque combattant russe représenterait une dépense d’environ 10 000 dollars par mois pour l’État malien, en incluant le salaire, le matériel et la logistique. Malgré ce coût élevé, Bamako continue de payer ces services, parfois via des circuits financiers indirects.
Des résultats militaires limités
Sur le terrain, la situation sécuritaire reste compliquée. Les groupes jihadistes continuent leurs attaques et gagnent parfois du terrain dans certaines zones rurales. Les routes stratégiques ne sont pas totalement sécurisées surtout à cause des camions-citernes continuent d’être brûlés par les groupes jihadistes. Cela asphyxie l’économie malien et expose plus les populations civiles à la menace jihadiste.
L’Africa Corps, qui dépend directement de Moscou, est souvent jugé moins autonome et parfois moins efficace que Wagner dans ses opérations. Le groupe n’aurait pas encore « l’expérience du terrain » malgré le fait que la majorité des soldats sont des wagnériens. Cela alimente le débat sur la réelle valeur de ce partenariat militaire.
Malgré ces difficultés, le partenariat a été renouvelé. Le Mali prévoit même d’augmenter le contingent russe à 3 500 hommes, pour un coût estimé à 35 millions de dollars par mois . Une décision qui traduit la dépendance croissante du pays à ce soutien militaire étranger.
Au final, cette alliance stratégique permet à la Russie d’élargir son influence en Afrique. Mais elle soulève une question importante : ce partenariat offre-t-il réellement une solution durable ou enferme-t-il le Mali dans une dépendance coûteuse ?
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU