Au Congrès de Parakou les 13, 14 et 15 Octobre 2023, les militants du parti Les Démocrates ont porté à la tête de leur formation politique l’ancien président de la République, le docteur Boni Yayi alors président d’honneur de ce groupe politique. Le peuple béninois a poussé un ouf de soulagement parce qu’il craignait pour le parti le destin des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe). En portant à la tête du parti le septuagénaire de Tchaourou, le parti visait au moins trois objectifs. Sécuriser le parti, protéger le prédécesseur du nouveau président et profiter de la grande aura de Boni Yayi pour réussir sa marche vers la conquête du pouvoir.
Trois ans après ce congrès dont les échos ont résonné au-delà des frontières béninoises, quel bilan convient-il de retenir ?
La peur a gagné le rang de la mouvance présidentielle et les sommeils ont été perturbés dès les premières heures de l’élection de Boni Yayi plébiscité à la tête du parti Les Démocrates. La conviction du nouveau président du parti soutenue par sa grande et forte foi chrétienne et surtout son amour pour son pays le positionne comme l’une des plus grandes menaces au régime de la Rupture qui, depuis 2016 faisait des victimes sur tous les plans à travers ses réformes. Boni Yayi en personne en a été victime pour avoir été enfermé chez lui pendant 52 jours, en 2019. Malgré son rang d’ancien président du Bénin, le docteur Boni Yayi a subi les pires humiliations parce qu’il refuse de voir ses compatriotes perdre leur travail, et/ou leur commerce, s’exiler ou se retrouver en prison pour leur position politique. L’ancien président s’opposant à des élections exclusives et à la démolition de l’édifice démocratique du pays a attiré la colère de la rupture.
A la tête des LD, Boni Yayi s’est alors donné comme objectifs de préserver et consolider les efforts de son prédécesseur, l’honorable Éric Houndété, unifier davantage le parti, sécuriser les 28 députés dont le parti a été crédité aux législatives du 8 janvier 2023 et surtout conduire l’opposition à une alternative au sommet de l’État pour libérer le Bénin et son peuple.
A l’Assemblée Nationale et sous le leadership du président Boni Yayi, le groupe parlementaire Les Démocrates, présidé par l’honorable Nourénou Atchadé a donné de l’insomnie au régime qui refuse de travailler pour le peuple mais pour préserver des intérêts et surtout réduire toutes les voix discordantes au silence.
Pendant 3 ans, il n’y a pas de semaine où le parti n’est en activité quelque part sur le territoire béninois et même à l’international.
Des séances entre le président et les députés, les cadres du parti, les responsables du parti, les responsables d’autres formations politiques, les groupements des corps de métiers etc. se sont multipliés à Cadjehoun, au siège du parti à Fifadji à Cotonou etc. En 3 ans, le président Boni Yayi a organisé avec son parti des dizaines de géants meetings qui ont traumatisé le pouvoir en place au point d’interdire des activités politiques sans au préalable une autorisation signée des autorités locales. Plusieurs activités même autorisées des LD ont été, alors, entre 2025 et 2026 réprimées par les forces de l’ordre. Mais le président Boni Yayi n’a pas fléchi. Plusieurs militants LD se sont retrouvés en prison pour leur opinion.
Tout a été mis en place et mis en œuvre pour déstabiliser le parti mais Boni Yayi est resté égal à lui-même convaincu que le parti libèrera le Bénin et son au terme des élections générales de 2026. Pendant sa présidence, la minorité parlementaire représentée par les Démocrates a adressé près de 100 interpellations au gouvernement sans réponses évidentes. Moins d’un cinquième de ces interpellations a reçu des réponses du gouvernement qui se préoccupait plus, en réalité, de la révision de la constitution et des mesures devant écarter l’opposition de toutes les élections en 2026.
D’ailleurs, tout portait à croire qu’après les législatives de 2023 et surtout dès l’arrivée de Boni Yayi à la tête de ce parti, le seul programme d’action qu’a déroulé la rupture est d’enterrer les LD et forcer Boni Yayi à la retraite politique après lui avoir fait porter le chapeau de tous les maux que cette rupture aura fait souffrir aux LD.
Le plan semble marché car depuis octobre 2025. Le parti et son président sont en proie à des attaques, menaces, manipulations et autres mesures visant à broyer l’opposition. Exclu de la présidentielle et des communales Boni Yayi n’a pas abandonné le combat et malgré le code électoral exclusif, il va aux législatives du 11 Janvier 2026 avec son parti pour éprouver le régime. Au finish, il réussit à prouver que le régime ne veut plus de la démocratie mais plutôt travaille pour un retour au parti unique.
Boni Yayi démissionne de la tête du parti le 4 mars 2026 pour s’occuper de sa santé, mais sa formation politique rejette la démission.
Quelle preuve de plus pour reconnaitre le travail et l’importance de ce dernier grâce à qui, le parti est resté debout malgré les tempêtes ?
Au terme des législatives de 2026, les Démocrates sont sortis sans élu avec des frustrés, des découragés des démotivés, des désespérés, mais continue d’exister et se réorganise pour l’atteinte de ses objectifs, à savoir conquérir et gérer le pouvoir pour la libération et la prospérité du Benin et son peuple.
Il fallait le président Boni Yayi soutenu par ses vices présidents, à la tête de ce parti de l’opposition, pour arriver à ces résultats.