Depuis plusieurs années, la gestion du calendrier des compétitions par la Confederation of African Football suscite une frustration grandissante parmi les observateurs, les journalistes et de nombreux acteurs du football africain. Reports à répétition, décisions tardives et justifications parfois contestées ont progressivement installé l’image d’une organisation incapable de planifier sereinement ses propres tournois.
Le cas de la Coupe d’Afrique des nations féminine, illustre parfaitement cette situation. L’édition 2020 a été purement et simplement annulée. Celle initialement prévue en 2024 a été repoussée à 2025, soit un décalage de dix-neuf mois. Et l’édition 2026 a déjà été déplacée de mars à juillet, confirmant une instabilité chronique dans la programmation.
Le problème ne concerne toutefois pas uniquement le football féminin. Les compétitions masculines ont connu des perturbations similaires. La coupe d’Afrique des Nations 2021 a été reportée à 2022, et la CAN 2023 s’est finalement disputée en 2024, officiellement en raison des conditions climatiques. Quant à la CAN 2025, elle devrait se tenir en juin et finalement la FIFA a imposé en collaboration avec la CAF décembre et janvier afin d’éviter un chevauchement avec la FIFA Club World Cup.
Le championnat réservé aux joueurs évoluant dans les championnats nationaux, le CHAN , n’a pas été épargné par ces bouleversements. L’édition 2020 a été disputée en 2021, celle de 2022 en 2023, tandis que l’édition prévue en 2024 a été repoussée à 2025. Et Finalement le CHAN supprimé du calendrier de la CAF.
À force de reports et de modifications de dernière minute, c’est la crédibilité même des compétitions africaines qui se trouve fragilisée. Pour les diffuseurs, les sponsors et les partenaires commerciaux, un calendrier instable représente un risque important. Il devient difficile d’investir durablement dans des compétitions dont les dates changent régulièrement.
Certes, la CAF a enregistré certains progrès dans les domaines du marketing et des droits médiatiques sous la présidence de Patrice Motsepe. Mais la gestion opérationnelle et la planification des compétitions continuent de susciter de vives critiques.
Dans le sport moderne, l’organisation d’un tournoi ne repose pas uniquement sur les moyens financiers. Elle exige avant tout de la rigueur, de l’anticipation et une planification solide. Sans ces éléments, même les compétitions les plus prestigieuses risquent de perdre en crédibilité et en attractivité.
Aujourd’hui, une question s’impose : comment le football africain peut-il renforcer son influence sur la scène mondiale si l’organisation de ses propres compétitions demeure marquée par une telle instabilité ?
Hugues Zinsou Zounon.