Nommé la semaine dernière à la tête de Dadjè FC, Chitou Rachad, ancien gardien des Écureuils du Bénin, n’aura dirigé que six séances d’entraînement, de mercredi à samedi matin. Le samedi soir, coup de tonnerre : il annonce sa démission. Sans avoir dirigé le moindre match officiel, il quitte le club en moins d’une semaine. Un passage éclair qui symbolise à lui seul le malaise profond qui ronge l’équipe du Couffo.
Mais le départ du technicien n’est que la partie visible d’une crise plus ancienne. À Dadjè, les difficultés ne datent pas d’hier. Les problèmes de déplacement pour les rencontres à l’extérieur traînent depuis plusieurs saisons. Les salaires, eux, ne sont plus versés régulièrement. Les caisses sonnent creux. L’instabilité est devenue la norme.
La situation a basculé lorsque la direction générale, via SONEB Sports, a proposé une baisse unilatérale de 35 % des salaires. Les joueurs ont refusé. Pour eux, accepter une telle décision revenait à entériner une précarité déjà pesante. La réponse ne s’est pas fait attendre : une lettre de licenciement pour motif économique, avec effet au 17 février 2026. Une procédure que plusieurs observateurs jugent non conforme aux dispositions prévues par la législation béninoise. Pour beaucoup, il s’agit d’un licenciement abusif.
Le point culminant de cette crise s’est produit lors du premier match de la phase retour du championnat béninois face à Coton FC. Ce jour-là, Dadjè a débuté la rencontre avec seulement huit joueurs. Aucun remplaçant sur le banc. Huit hommes livrés à eux-mêmes, incarnant à la fois la souffrance, le courage et la résilience. Une image forte, presque irréelle, pour un club qui, il y a encore peu, faisait la fierté de ses supporters.
Car il ne faut pas l’oublier : ces deux dernières saisons, Dadjè a été vice-champion puis champion du Bénin. Le contraste est saisissant. Comment un club au sommet peut-il, en si peu de temps, se retrouver au bord du gouffre ?
En interne, les tensions sont palpables. Les deux directeurs généraux se livrent à une guerre froide, se regardant en chiens de faïence pendant que le navire prend l’eau. L’avenir immédiat soulève de nombreuses interrogations : Dadjè pourra-t-il terminer la saison avec un effectif décimé ? Le club ira-t-il vers un abandon pur et simple ? Ou une solution émergera-t-elle in extremis ?
Une réunion d’urgence pourrait d’ailleurs se tenir ce mercredi à Aplahoué entre le président du club et les supporters. Un rendez-vous crucial. Car au-delà des querelles administratives, c’est toute une communauté qui retient son souffle.
Reste une question essentielle : à qui profite réellement cette situation ?
Et surtout, qui sauvera Dadjè FC avant qu’il ne soit trop tard ?
Hugues Zinsou Zounon
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Vous savez bien pourquoi c’est ainsi !