Il y a quelques jours, le duo de la mouvance présidentielle composé de Romuald Wadagni et de Mariam Chabi Talata a officiellement dévoilé son équipe de campagne en vue de l’élection présidentielle du 12 avril 2026. Une annonce attendue qui permettra aux vendeurs d’illusion politique de revenir à la réalité.
À la lecture de la liste rendue publique, une évidence est perçue. L’ossature de l’équipe est constituée, sans surprise, de figures issues des deux grands blocs de la mouvance présidentielle, à savoir l’Union progressiste le Renouveau et le Bloc républicain. Les postes stratégiques, les coordinations régionales, les responsabilités techniques sont revenus à des militants et cadres régulièrement investis dans l’animation de ces formations politiques.
Un choix qui sonne comme un coup de massue pour certains « vendeurs d’illusion » politique. Depuis plusieurs mois, à l’approche du scrutin, on a vu s’annoncer une multitude de mouvements, clubs et associations de soutien à la candidature de Romuald Wadagni. Des déclarations, des meetings improvisés, des affiches et communiqués à répétition : tout était mis à contribution. L’objectif affiché ? Mobiliser et selon leurs instigateurs, contribuer à un fort taux de participation, mais derrière cette ferveur affichée, d’autres calculs se dessinaient. Plusieurs opérateurs économiques et leaders d’initiatives citoyennes nourrissaient l’espoir de se faire une place au sein de la direction nationale de campagne.
La stratégie semblait claire, démontrer une capacité de mobilisation pour ensuite monnayer une reconnaissance politique sous forme de positionnement stratégique. La publication de l’équipe vient brutalement mettre fin à ces ambitions. Terminus. Tout le monde descend. Le message est limpide, la campagne présidentielle reste d’abord et avant tout une affaire de partis politiques reconnus et organisés. Ce sont eux qui disposent des prérogatives nécessaires pour proposer des militants appelés à siéger dans les instances dirigeantes de la campagne. Les initiatives parallèles ne sauraient se substituer aux formations politiques officiellement investies. En verrouillant la composition de son équipe autour des deux grands partis de la mouvance, le duo présidentiel envoie un signal de discipline et de cohérence interne.
Il recentre la campagne sur des bases politiques claires et évite une dispersion des responsabilités qui aurait pu affaiblir la coordination nationale. Pour les initiateurs des soutiens tous azimuts, l’heure est donc au réalisme. Les rêves de positionnement doivent céder la place à un engagement militant authentique, s’ils souhaitent encore peser dans la balance. La campagne est désormais lancée, structurée, encadrée.
Mohamed Yèkini