En mission d’évaluation préélectorale à Cotonou du 16 au 20 février 2026, le National Democratic Institute (NDI) a livré une déclaration préliminaire aux accents à la fois encourageants et préoccupants. À quelques semaines du scrutin du 12 avril, l’organisation insiste surtout sur la nécessité d’actions rapides pour restaurer la confiance et garantir un processus véritablement inclusif.
La crédibilité de l’élection présidentielle du 12 avril prochain préoccupe la communauté internationale. C’est dans cette optique que le National Democratic Institute (NDI) a effectué une visite de travail au Bénin pour s’assurer de la bonne marche des préparatifs.
En effet, conduite par Jorge Carlos Fonseca et Catherine Samba-Panza, la délégation a rencontré l’ensemble des parties prenantes. Il s’agit notamment de la Commission électorale nationale autonome (CENA), la Cour constitutionnelle, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), les parlementaires, les candidats à la présidentielle, les partis politiques, les organisations de la société civile, les médias, les universitaires et les leaders religieux. Sur le plan technique, la mission note que les préparatifs avancent conformément au calendrier. Du matériel électoral est déjà déployé et la CENA assure vouloir rendre opérationnels tous les postes de vote, y compris dans les zones du nord affectées par l’insécurité.
Mais c’est surtout sur le terrain politique que le NDI concentre son analyse. L’institut relève un climat marqué par une polarisation accrue, une compétition limitée et des inquiétudes persistantes sur le rétrécissement de l’espace civique. Les réformes récentes du cadre électoral, notamment en matière de parrainage et de seuil électoral, sont perçues par plusieurs acteurs comme restrictives et susceptibles d’affaiblir le pluralisme.
À court terme, la mission formule des recommandations précises. Elle appelle d’abord à une ouverture accrue de l’espace civique et à une communication proactive pour contrer la désinformation. La CENA, les médias et la société civile sont invités à diffuser rapidement des informations fiables sur toutes les étapes du processus. Le NDI insiste également sur la transparence totale dans la gestion des résultats, avec la publication détaillée des données bureau de vote par bureau de vote. Il recommande de tirer les leçons des législatives de janvier 2026 afin d’éviter les retards d’ouverture et les lacunes opérationnelles constatées. Enfin, la mission exhorte autorités et acteurs politiques à promouvoir activement la paix et la non-violence.
À moyen et long terme, l’organisation plaide pour une harmonisation du cadre juridique, des consultations inclusives sur les réformes électorales et un renouvellement du consensus démocratique national. Pour le NDI, qui a mené plus de 250 missions d’observation dans le monde, la consolidation des acquis économiques du Bénin passe inévitablement par un renforcement des libertés politiques et de la confiance citoyenne.
Gildas AHOGNI