En mission d’évaluation préélectorale au Bénin, l’ancienne présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a dressé un tableau préoccupant du climat politique à l’approche de la présidentielle du 12 avril 2026. Sans langue de bois, elle évoque la peur, les restrictions des libertés et un processus électoral fragilisé.
En visite au Bénin dans le cadre de la mission d’évaluation préélectorale du National Democratic Institute (NDI), codirigée avec Jorge Carlos Fonseca, Catherine Samba-Panza a tenu un discours franc sur l’état de la démocratie béninoise.
En effet, rappelant que le Bénin a joué un rôle pionnier dans les transitions démocratiques et que son expérience a servi de modèle à plusieurs pays africains, notamment la République centrafricaine, elle a souligné qu’il était impensable de rester en marge d’un pays vivant « une expérience unique ». L’objectif de la mission, a-t-elle expliqué, est d’accompagner les acteurs nationaux pour renforcer la démocratie béninoise.
Si la délégation a salué les avancées notables en matière d’infrastructures et de développement économique, elle a également relevé un malaise profond. « On a senti une peur dans la ville », a déclaré Catherine Samba-Panza, évoquant des citoyens hésitant à entreprendre des actions civiques. Elle parle de partis politiques « muselés » et dénonce des « dérives à la limite dictatoriale ». La mission note également un désintérêt préoccupant d’une partie de la classe politique et de la société civile pour le processus électoral à venir. Un constat alarmant à quelques semaines de la présidentielle du 12 avril 2026, prévue dans un contexte de forte polarisation, de compétition limitée et d’insécurité croissante dans certaines régions.
Au-delà du scrutin, l’ancienne cheffe d’État pointe des insuffisances structurelles comme restrictions des libertés d’expression et d’association, fragilités juridiques et climat de méfiance. « Les Béninois ont besoin d’être écoutés, accompagnés et compris », a-t-elle insisté, affirmant la volonté de la mission d’être « vraie, sans langue de bois » dans son rapport.
Tout en reconnaissant que les préparatifs techniques de l’élection avancent conformément au calendrier, la mission estime que des réformes démocratiques de fond sont indispensables pour restaurer le pluralisme et préserver l’héritage démocratique du Bénin.
S.A