Au terme des élections communales du 11 janvier 2026, l’heure est désormais à l’installation des conseils communaux dans les 77 communes du Bénin. Le weekend dernier, les préfets ont pris d’assaut les communes aux fins de procéder à la mise en place officielle des équipes dirigeantes appelées à conduire les destinées des communes pour les sept prochaines années. Le constat qui frappe à l’oeil est la mise en valeur des jeunes.
Dans les différentes communes, les cérémonies d’installation se déroulent conformément aux dispositions légales et constitutionnelles en vigueur en République du Bénin. Après la validation des mandats des conseillers communaux, place est faite à l’élection des maires et de leurs adjoints. Mais au-delà du caractère protocolaire de l’exercice, un constat saute aux yeux de nombreux observateurs : la prime accordée à la jeunesse. En effet, la majorité des maires désignés par les partis politiques sont des jeunes, tout comme bon nombre de leurs adjoints. Des visages nouveaux, parfois peu connus du grand public, émergent ainsi à la tête des exécutifs communaux. Les tranches d’âge oscillent globalement entre la trentaine et la cinquantaine, traduisant une volonté manifeste de renouvellement générationnel.
C’est le cas des ediles des villes d’Abomey-Calavi, Nathanaël Koty, d’Adjohoun, Félicien Hounkanrin, de la cité historique d’Abomey, Franck Kpassassi, de Sèmè-Podji, Thomas Singbo et bien d’autres. Il en de même pour la commune de Kétou avec Angélique Adégnika, Parakou dirigée par Zouk Kifly Zakary et Patricia Saï à Toucountouna. Ce rajeunissement de l’élite municipale n’est pas anodin. À travers ces choix, les formations politiques gagnent le pari de la modernité en propulsant de jeunes cadres aux commandes des communes. Elles affichent leur ambition de promouvoir une nouvelle classe politique, plus proche des réalités contemporaines et des aspirations des populations.
Cette dynamique constitue une étape importante dans le processus de consolidation démocratique. Elle offre aux jeunes leaders l’opportunité de toucher du doigt les réalités de la gouvernance locale, de se frotter aux exigences de la gestion publique et de participer activement à la mise en œuvre des politiques communautaires. Dans un contexte où la jeunesse représente une part significative de la population béninoise, cette ouverture apparaît comme un signal fort. Elle consacre l’idée que la gestion des affaires locales ne saurait être l’apanage de la vieille génération. Désormais, de jeunes cadres auront la responsabilité de piloter les communes, d’impulser le développement à la base et de répondre aux attentes pressantes des citoyens.
Alassane Touré