Classé parmi les pays les moins corrompus d’Afrique subsaharienne, le Bénin confirme sa stabilité dans l’Indice de perception de la corruption 2025. Une performance saluée, mais qui appelle à poursuivre les réformes pour transformer l’essai et consolider durablement la gouvernance publique.
Le classement 2025 publié par Transparency International révèle que le Bénin figure parmi les dix pays les moins corrompus d’Afrique subsaharienne, occupant la 8ᵉ place régionale avec un score de 45 points. Le pays maintient ainsi sa position dans un environnement continental marqué par des évolutions contrastées et parfois des reculs notables.
En effet, cette position du Bénin n’est pas anodine. Il traduit une certaine résilience institutionnelle et une continuité des efforts en matière de gouvernance, de transparence administrative et de lutte contre les pratiques illicites dans la gestion publique. Dans la région, plusieurs pays historiquement mieux classés ont enregistré des baisses, ce qui renforce la visibilité du Bénin comme un acteur qui, sans faire de bond spectaculaire, parvient à préserver ses acquis. Cette performance repose notamment sur des réformes engagées ces dernières années en ce qui concerne la modernisation de l’administration, la digitalisation de certains services publics, l’encadrement des procédures de passation des marchés et la mise en place d’organes de contrôle plus visibles. Ces initiatives contribuent à améliorer la perception de la gestion publique et à renforcer la confiance d’une partie des partenaires techniques et financiers.
Toutefois, cette position du Bénin dans le Top 10 ne doit pas masquer les limites persistantes. Un score de 45 reste en deçà des standards des pays les plus vertueux au monde et révèle que les défis demeurent importants. La perception de la corruption dans certains secteurs, notamment au niveau local, dans les services administratifs de proximité ou encore dans certaines pratiques informelles, continue d’alimenter les critiques et les inquiétudes de la population.
De plus, la stabilité du classement du Bénin montre que les réformes, bien qu’utiles, doivent encore produire des effets plus profonds et mesurables. La lutte contre la corruption ne se limite donc pas aux dispositifs institutionnels : elle suppose un changement durable des comportements, une justice perçue comme équitable et accessible, ainsi qu’une culture de redevabilité ancrée dans la vie publique. Le défi est donc double. Il s’agit, d’une part, de préserver les acquis pour éviter tout recul, comme observé dans certains pays voisins, et d’autre part, d’accélérer les réformes structurelles afin de franchir un cap qualitatif. Cela passe par le renforcement des mécanismes de contrôle, la protection des lanceurs d’alerte, la transparence budgétaire et une communication plus claire autour des actions menées et des résultats obtenus.
En définitive, le Bénin peut se prévaloir d’une progression significative sur la scène régionale et d’une image globalement positive en matière de gouvernance. Mais la performance actuelle doit être considérée comme une étape, non comme un aboutissement. Le pays est sur la bonne trajectoire, certes, mais la consolidation de cette dynamique exigera constance, rigueur et volonté politique sur le long terme.
Gildas AHOGNI