Au Soudan du Sud un homme décédé en 2021 a été intégré à un comité chargé des élections. L’incident relance les interrogations sur la capacité du pays à organiser des scrutins crédibles.
Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a provoqué l’indignation après avoir nommé Steward Sorobo, décédé depuis cinq ans, au sein d’un comité chargé d’organiser l’élection présidentielle prévue en 2026. L’erreur a rapidement été relayée sur les réseaux sociaux, suscitant moqueries et critiques.
Dans un communiqué, le porte-parole de la présidence, David Amour Majur, a qualifié cette nomination de « regrettable erreur administrative » et a reconnu un manque de vérification. Limogé le lendemain, il a illustré la fragilité du système administratif soudanais.
La famille de Steward Sorobo dénonce un « tort spirituel » et réclame réparation, estimant que l’incident dépasse la simple bévue bureaucratique. Sur internet, certains internautes ironisent sur le maintien du défunt comme « coordinateur entre les vivants et les morts ».
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud n’a jamais tenu d’élections nationales. Les scrutins ont été reportés à plusieurs reprises depuis la guerre civile de 2013-2018. Beaucoup d’analystes jugent irréaliste la tenue des élections de décembre 2026, dans un contexte de violences persistantes et de fragilité institutionnelle.
L’affaire Sorobo illustre à la fois les défis administratifs et la méfiance croissante de la population envers un processus électoral incertain.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU