Au moins 163 personnes ont été enlevées lors d’attaques coordonnées contre des églises dans l’État de Kaduna le dimanche dernier. Ces événements surviennent dans un contexte de recrudescence des prises d’otages par des groupes armés, malgré les opérations militaires récentes orchestrées par l’armée nigériane et les États-Unis.
Dans plusieurs villages de l’État de Kaduna, dans le nord-ouest du Nigeria, des hommes armés ont fait irruption dimanche dans deux églises, emmenant de force au moins 160 fidèles rassemblés pour le culte dominical, selon des responsables religieux et des habitants.
Selon le chef de l’Association chrétienne du Nigeria pour le nord, les assaillants, lourdement armés, ont bloqué les entrées des lieux de culte et poussé les fidèles dans la brousse avant de les capturer. Certains témoins évoquent jusqu’à 172 personnes prises en otage, dont plusieurs femmes et enfants, bien que neuf aient réussi à s’échapper.
Une série d’attaques qui se répète
Cette attaque s’inscrit dans une série croissante d’enlèvements de masse qui frappent plusieurs régions du pays. Au cours des derniers mois, des églises rurales du Kogi et du Kwara ont également été ciblées, avec des pasteurs, des élèves, des familles et des fidèles qui ont été kidnappés lors de services religieux ou d’événements communautaires.
En décembre dernier, des hommes armés ont attaqué une autre église dans l’État de Kogi, kidnappant au moins une douzaine de congrégants avant que certains ne soient partiellement libérés après intervention des forces de sécurité et des gardes communautaires.
Face à cette escalade, l’armée nigériane a intensifié ses opérations dans plusieurs zones sensibles, y compris des actions récentes visant à démanteler des réseaux de « bandits » dans l’État de Kogi début janvier. Des forces combinées ont mené des frappes et des opérations terrestres qui ont permis de neutraliser des assaillants et perturber leurs lignes de ravitaillement.
Sur le plan international, les États-Unis ont lancé en décembre 2025 des frappes aériennes contre des positions liées à l’État islamique dans le nord-ouest du Nigeria, ciblant des militants accusés d’avoir orchestré des violences, y compris contre des civils.
Malgré ces efforts, ces kidnappings récurrents montrent que les groupes armés restent coriaces, exploitant la faiblesse de l’État et des services de renseignement dans des zones rurales difficiles d’accès. La violence, souvent motivée par le profit ou l’intimidation, continue de semer la peur dans les communautés religieuses et rurales à travers le pays.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU