Face à la montée de la résistance des ravageurs aux pesticides, plusieurs acteurs de la filière coton en Afrique de l’Ouest unissent leurs forces. Grâce à une collaboration entre CropLife Afrique Moyen-Orient et le PR-PICA, une nouvelle approche basée sur un meilleur étiquetage des produits phytosanitaires est progressivement mise en place pour aider les producteurs à mieux protéger leurs cultures.
Dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest, les producteurs de coton constatent une baisse progressive de l’efficacité de certains pesticides. Ce phénomène, lié à la résistance des ravageurs, inquiète de plus en plus les acteurs agricoles de la sous-région.
Pour répondre à cette menace, CropLife Afrique Moyen-Orient (CL AME) et le Programme régional pour la production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA) ont engagé une collaboration avec les acteurs de la filière coton. Leur objectif est d’aider les agriculteurs à mieux utiliser les pesticides grâce à des informations plus claires et adaptées.
En effet, l’une des principales innovations mises en avant est l’étiquetage du « mode d’action » (MoA) des pesticides. Ce système permet d’indiquer clairement sur les emballages la manière dont chaque produit agit contre les ravageurs. Selon les experts, l’utilisation répétée de pesticides fonctionnant de la même façon favorise l’apparition de résistances. Grâce à cet étiquetage, les agriculteurs et les conseillers agricoles peuvent alterner les produits en fonction de leurs modes d’action afin de limiter ce phénomène. Une étude menée dans plusieurs pays du PR-PICA auprès de plus de 1 500 producteurs révèle que beaucoup d’agriculteurs changent de marque commerciale sans savoir que les substances actives utilisées restent identiques. Cette mauvaise pratique contribue à accélérer la résistance des ravageurs.
Pour la directrice générale de CropLife Afrique Moyen-Orient, Mme Simiyu, il est essentiel que les informations techniques soient compréhensibles et utilisables directement sur le terrain. De son côté, le président du PR-PICA, M. Tété Awokou, insiste sur la nécessité d’une approche régionale harmonisée face aux mêmes défis agricoles. Malgré les avancées, plusieurs obstacles demeurent, notamment la circulation de pesticides illégaux ou contrefaits et le manque de formation des producteurs.
Les partenaires appellent ainsi les États à intégrer l’étiquetage MoA dans les réglementations nationales, renforcer les formations agricoles et intensifier la lutte contre les produits frauduleux afin d’assurer une agriculture plus durable en Afrique de l’Ouest.
Gildas AHOGNI