Le président américain Donald Trump propose un « Conseil de paix » international destiné à régler les crises globales, en marge de l’ONU. Plus d’une soixantaine de dirigeants ont été invités, mais les réponses varient du soutien affirmé au refus franc, en passant par des conditions financières et politiques.
Annoncé en janvier 2026, le « Conseil de paix » (Board of Peace) de Donald Trump s’est immédiatement heurté à une diplomatie mondiale partagée entre adhésions, hésitations et refus. L’ambition affichée est de dépasser le cadre traditionnel de l’Organisation des Nations unies pour devenir un arbitre de la paix plus « efficace » L’instance, qui promeut également un plan de paix pour Gaza, propose des sièges permanents conditionnés au versement d’un milliard de dollars par pays — somme jugée excessive par plusieurs capitales. Il s’agit pour plusieurs analystes d’une marchandisation de la diplomatie.
Des adhésions déclarées
Parmi les pays ayant répondu favorablement, on compte la Hongrie, dont le Premier ministre Viktor Orbán a salué « l’opportunité de coopérer pour la paix », confirmant son acceptation. En Afrique, le Maroc a également annoncé ce lundi 19 janvier que le roi Mohammed VI rejoindrait le Conseil en tant que « membre fondateur « , précisant que Rabat ratifierait la charte constitutive de l’organisme. Le président argentin Javier Milei qui est un allié stratégique de Trump en Amérique latine a lui aussi souhaité rejoindre l’organisation, parlant d’un « honneur » dans un post X partagé samedi 17 janvier. Parmi les pays d’Asie, le Vietnam, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont déjà affirmé leur volonté d’intégrer la communauté en tant que membre fondateur.
La Chine a confirmé avoir reçu une invitation mais s’est abstenue de formuler une réponse définitive, indiquant que « Aucune information supplémentaire n’était disponible » pour l’instant. De même, la Russie a indiqué que son président Vladimir Poutine étudiait la proposition avec prudence, soulignant qu’il souhaite « clarifier toutes les nuances » avant de s’engager. D’autres pays comme Israël ont également été invités, sans confirmation publique d’un accord à ce stade.
Refus et conditions politiques
Jusqu’ici, la France est le seul État à avoir officiellement refusé l’invitation, invoquant son attachement au multilatéralisme de l’ONU et des “questions majeures” soulevées par le projet. Le Canada a, lui, accepté “en principe”, tout en écartant l’obligation de payer pour un siège permanent. D’autres gouvernements européens à l’instar de l’Allemagne ont exprimé des réserves, souhaitant d’abord examiner l’impact de l’initiative sur la gouvernance globale et la crédibilité des institutions existantes.
Alors que le Conseil de paix peine à susciter un large enthousiasme, ses premiers soutiens et critiques montrent déjà combien la création d’une telle instance peut redéfinir les alliances diplomatiques et relancer le débat sur la légitimité des nouvelles structures de gouvernance mondiale.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU