Les Béninois étaient appelés aux urnes ce dimanche 11 janvier 2026 dans le cadre des élections législatives et communales. Un important scrutin pour la vie démocratique du pays, censé permettre aux populations de renouveler leurs représentants au Parlement et à la tête des communes. Mais très tôt, un constat s’est imposé : l’engouement n’était pas au rendez-vous.
Dès les premières heures de la matinée, le faible taux de participation a donné le ton. Contrairement aux grandes affluences observées lors de certains scrutins passés, les centres de vote sont restés largement clairsemés. Dans plusieurs localités, les électeurs se faisaient rares, laissant entrevoir un désintérêt manifeste pour cette consultation électorale. Dans de nombreux postes de vote, les membres des bureaux, installés dès les premières heures, attendaient les électeurs dans un calme inhabituel. Les files d’attente, habituellement longues lors des journées électorales, étaient presque inexistantes. Par moments, les agents électoraux semblaient désœuvrés, faute d’affluence, confirmant ainsi le manque d’enthousiasme des populations. Au fil de la journée, la tendance ne s’est pas inversée. Les populations ne sont, pour la plupart, pas sorties pour accomplir leur devoir civique. Les rues, notamment dans certaines zones urbaines et rurales, n’ont pas connu l’animation caractéristique des jours de vote, renforçant l’idée d’une abstention massive. Les résultats issus des décomptes ont fini par confirmer ce que les images et les témoignages laissaient déjà présager : le taux d’abstention est record. Une large couche de l’électorat a choisi de ne pas exprimer sa voix par le vote, pourtant considéré comme un droit fondamental et un devoir civique. Au-delà des résultats, ce scrutin du 11 janvier 2026 restera marqué par une abstention historique, révélatrice d’un profond malaise démocratique au sein de la population béninoise.
Des retards dans l’ouverture de plusieurs postes de vote
Le déroulement des élections législatives et communales du dimanche 11 janvier 2026 au Bénin a été marqué par des retards dans l’ouverture de plusieurs postes de vote à travers le pays. Alors que les électeurs étaient attendus dès les premières heures de la matinée, dans certains centres, les opérations de vote n’ont véritablement démarré qu’après de longues attentes, parfois de plusieurs heures. À Cotonou, la situation a particulièrement retenu l’attention au Collège d’enseignement général (CEG) Les Pylônes. Dans ce centre de vote, les postes n’ont ouvert leurs portes qu’après 13 heures, bien au-delà de l’heure officielle prévue pour le démarrage du scrutin. Ce retard exceptionnel a non seulement perturbé les électeurs déjà présents, mais il a également entraîné un décalage de l’heure de fermeture des bureaux de vote, afin de permettre aux citoyens de voter dans le temps réglementaire. La commune d’Abomey-Calavi est aussi concernée par ces difficultés organisationnelles. Dans certains quartiers, les postes de vote ont tardé à lancer les opérations électorales. Là encore, l’arrivée tardive du matériel électoral et des agents requis a ralenti le processus, contribuant à une ambiance peu propice à la mobilisation. Face à ces dysfonctionnements, le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), Sacca Lafia a apporté des explications. Selon lui, ces retards s’expliquent par une option stratégique ayant consisté à prioriser le déploiement du matériel électoral vers les zones reculées et difficiles d’accès. Cette décision, bien que visant à garantir l’effectivité du vote dans les régions les plus enclavées, a eu pour conséquence de pénaliser certaines zones urbaines et périurbaines, situées à proximité des grands centres, où le matériel est arrivé tardivement. Dans un contexte déjà marqué par un faible engouement des populations, ces retards à l’ouverture des postes de vote pourraient avoir contribué à décourager davantage certains électeurs, impactant ainsi la participation globale à ces élections du 11 janvier 2026.
Pas d’incidents majeurs
Les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 au Bénin se sont globalement déroulées dans un climat apaisé, sans incidents majeurs signalés dans la majorité des postes de vote à travers le pays. Malgré certains dysfonctionnements logistiques relevés çà et là, le processus électoral s’est tenu dans des conditions sécuritaires jugées satisfaisantes. Dans la plupart des centres ayant ouvert leurs portes à l’heure recommandée, les opérations de vote se sont déroulées dans le calme et la sérénité. Électeurs, agents électoraux, représentants de partis politiques et observateurs ont pu accomplir leurs rôles respectifs sans tension, dans une atmosphère empreinte de civisme et de respect des règles établies. Le dépouillement des suffrages s’est également bien déroulé dans ces postes de vote régulièrement ouverts. Les opérations se sont déroulées de manière transparente, sous le regard attentif des différents acteurs présents, sans contestations majeures ni perturbations de nature à mettre en cause la crédibilité du scrutin. Aucune scène de violence n’a été signalée dans les localités, tant en milieu urbain que rural. Les centres de vote et leurs environs n’ont pas connu d’affrontements, de troubles à l’ordre public ou d’actes de vandalisme, renforçant l’image d’un scrutin pacifique. Les forces de défense et de sécurité ont joué un rôle prépondérant dans cette atmosphère de quiétude. Déployées sur et autour des centres de vote, elles ont veillé à l’instauration et au maintien de l’ordre tout au long de la journée électorale. Elles ont également assuré le convoyage sécurisé des urnes vers les centres de centralisation, garantissant ainsi la protection du matériel électoral et l’intégrité du processus. Au total, malgré un contexte marqué par une faible participation, les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 resteront, sur le plan sécuritaire, comme un scrutin organisé dans le calme, la paix et sans incidents majeurs, traduisant la maturité et le sens de responsabilité des différents acteurs impliqués.
Alassane Touré