Invité de l’émission L’Invité sur ESAE TV, le président du Front des Organisations Nationales de lutte contre la Corruption (FONAC), Jean-Baptiste Élias, a livré un message fort à l’endroit des citoyens, des partis politiques et des acteurs électoraux. À l’orée des campagnes pour les élections législatives et municipales, il a multiplié les recommandations pour endiguer la corruption électorale et garantir un scrutin crédible, transparent et apaisé.
Face à une campagne électorale qu’il juge encore timide, Jean-Baptiste Élias a tenu à rappeler le rôle central du respect du code électoral dans la préservation de la démocratie. Pour le président du FONAC, la priorité demeure la lutte contre toute forme d’influence indue sur les électeurs, notamment à travers la corruption électorale, qu’il qualifie de fléau persistant.
Selon lui, la corruption électorale consiste à offrir ou à donner des biens matériels ou financiers afin d’orienter le choix d’un électeur. « Les pots-de-vin sont interdits par la loi, mais ils sont souvent distribués de manière déguisée, sous prétexte de frais de déplacement ou d’assistance », a-t-il dénoncé, évoquant à plusieurs reprises la violation de l’article 54 du code électoral. Conscient de la précarité qui touche une partie de la population, Jean-Baptiste Élias reconnaît que certains citoyens peuvent accepter du riz, de l’huile ou de l’argent. Toutefois, il exhorte les électeurs à voter selon leur conscience et à ne pas « hypothéquer l’avenir du pays » par un choix dicté par des avantages immédiats. Il appelle également les partis politiques à privilégier les projets de société et l’éducation civique plutôt que les pratiques déviantes.
Parmi ses recommandations phares, le président du FONAC insiste sur l’application stricte de l’article 54 du code électoral et la sanction systématique de tout parti politique impliqué dans la corruption électorale. Il plaide aussi pour une meilleure formation des citoyens sur leurs droits et devoirs, notamment l’importance d’aller voter et d’exprimer leur mécontentement à travers les urnes, y compris par le bulletin nul prévu à l’article 88. Il n’a pas oublié de rappeler plusieurs lignes rouges : un électeur ne vote qu’une seule fois, le vote des étrangers est interdit, tout comme le bourrage des urnes et la falsification des documents électoraux. Il souligne l’importance de la transparence, avec la remise des procès-verbaux aux partis et la proclamation des résultats poste de vote par poste de vote.
Enfin, il appelle à la paix, à la non-violence et à la responsabilité collective, exhortant les parents, les médias et les acteurs institutionnels à œuvrer ensemble pour des élections crédibles, gage d’une démocratie renforcée.
Gildas AHOGNI