De la gastronomie à la musique mondiale, en passant par les débats qui agitent l’industrie artistique, l’année 2025 aura été marquée au Bénin par des figures fortes, inspirantes ou controversées. La cheffe Keith Sonon, la diva Angélique Kidjo et le producteur Legend Beatz avec son filleul Djecomon ont, chacun à leur manière, imprimé leur marque sur le paysage culturel national et international.
L’année 2025 restera comme un tournant majeur pour la culture béninoise. Rarement autant de projecteurs auront été braqués, en si peu de temps, sur des personnalités issues d’univers différents mais unies par un même impact : faire rayonner le Bénin, susciter le débat et repousser les limites. Trois noms s’imposent avec force dans cette dynamique : Keith Sonon, Angélique Kidjo et Djecomon.
Keith Sonon, quand la cuisine devient un acte historique
En décembre 2025, la cheffe béninoise Keith Sonon est entrée dans l’histoire culinaire mondiale, ou du moins dans sa tentative la plus audacieuse. Du 1er au 17 décembre, au Palais des Congrès de Cotonou, elle a cuisiné sans interruption pendant 16 jours, soit 384 heures non-stop, dans l’espoir de battre le record Guinness du plus long marathon culinaire, jusque-là détenu par la Libérienne Evette Quoibia (140 heures, 11 minutes et 11 secondes).
Au-delà des chiffres vertigineux, l’exploit a pris une dimension sociale et culturelle forte. Keith Sonon a mis à l’honneur la gastronomie béninoise, mêlant recettes traditionnelles et touches d’innovation, tout en distribuant des repas aux personnes démunies. Soutenue massivement par la population, les autorités et les acteurs culturels, sa performance est considérée comme une victoire nationale, même si la validation officielle du Guinness World Records est encore attendue en ce début d’année 2026. Qu’elle soit homologuée ou non, l’initiative a déjà marqué les esprits : c’est historique, c’est fait.
Angélique Kidjo, une icône au sommet de son art
Si une figure a définitivement placé le Bénin sur la carte culturelle mondiale en 2025, c’est bien Angélique Kidjo. En juillet, la diva a reçu une étoile sur le mythique Hollywood Walk of Fame, devenant la première chanteuse africaine à obtenir cette distinction. Un moment historique, salué à travers le continent et au-delà, qui consacre une carrière exceptionnelle et ouvre symboliquement la voie à d’autres artistes africains.
Mais 2025 ne s’est pas arrêtée là pour la star béninoise. Angélique Kidjo a également animé les CAF Awards 2025 à Rabat, portant haut les couleurs nationales lors de cet événement majeur du football africain. Elle a aussi marqué la cérémonie d’ouverture de la CAN 2025 par une prestation mémorable, confirmant son statut d’icône transgénérationnelle. Fidèle à son engagement, elle a poursuivi son combat pour l’éducation et l’autonomisation des jeunes filles africaines à travers la Fondation Batonga et son rôle d’ambassadrice de l’UNICEF. Plus qu’une artiste, Angélique Kidjo s’est affirmée en 2025 comme une conscience culturelle et sociale.
Djecomon, le prétendu auteur d’une grossesse
L’année culturelle béninoise a aussi été rythmée par des polémiques révélatrices des tensions qui traversent l’industrie musicale. En juin 2025, le producteur béninois Legend Beatz est sorti de son silence pour défendre son artiste Djecomon, de son vrai nom Justin Kinwanou, accusé sur les réseaux sociaux d’avoir abandonné une jeune femme enceinte.
Face à l’ampleur de la controverse, Legend Beatz a pris la parole publiquement, appelant à la prudence, dénonçant les jugements hâtifs et réaffirmant son soutien à son protégé Djecomon. Cette sortie médiatique, largement commentée, a mis en lumière le rôle complexe des producteurs, à la fois mentors artistiques et figures exposées dans l’espace public.
En 2025, Keith Sonon, Angélique Kidjo et Djecomon ont, chacun à leur façon, marqué l’année culturelle au Bénin. Exploit, consécration et controverse : trois trajectoires différentes, mais un même impact durable sur la scène culturelle nationale.
Gildas AHOGNI
