Dans la journée du dimanche 7 Décembre 2025, le Bénin a vécu des plus horribles épisodes de son histoire politique. Un coup d’État a été déjoué grâce aux efforts conjoints des forces loyalistes et l’armée étrangère obligée de venir à la rescousse des forces de sécurité et de la défense béninoise. Au lendemain de ce malheureux événement, il a plu et continue de pleuvoir des déclarations, messages et communiqués qui condamnent le putsch manqué mais également pour nombreux, pointer le doigt accusateur vers l’absence de dialogue entre les acteurs politiques. Ce manque de dialogue serait la cause de ce drame que dénoncent tous.
Dès lendemain du coup d’État manqué, tous les partis politiques aussi bien de la mouvance que de l’opposition ont rendu publics des communiqués qui, pour condamner et faire des recommandations, qui pour tout simplement dénoncer le putsch et apporter du soutien au président Patrice Talon et son gouvernement qui ont failli être renversés. L’union Progressiste le Renouveau (Upr), le Bloc Républicain (Br), Nouvelle Force Nationale (NFN), Les Démocrates, Les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) pour ne citer que ces partis politiques, ont clairement condamné ces événements qui ont failli remettre en cause l’ordre constitutionnel au Bénin. Aussi, des personnalités politiques telles que les anciens présidents de la République Nicéphore Dieudonné Soglo et Boni Yayi, l’ancien ministre d’Etat chargé de l’économie et des finances le docteur Komi Koutché, le président du mouvement politique NOUS LE FERONS, Daniel EDAH, l’ancien maire de Cotonou Léhady Soglo, et le Secrétaire national aux Relations Extérieures (SRE) du parti Les Démocrates Chabi Yayi, ont-ils condamné ce coup d’État mais tous soutiennent que le Bénin aurait pu éviter cette macabre journée si les autorités politico administratives avaient misé sur le dialogue surtout politique. Il faut également souligner que la plateforme des organisations de la société civile comme les confessions religieuses et les travailleurs à travers leurs syndicats ont condamné le putsch qui aura retenu l’attention du monde entier.
Dans les messages, communiqués et déclarations, tous pointent du doigt le manque de dialogue entre les acteurs politiques comme la cause du mécontentement des mutins qui ont failli réussir leur coup. « La nouvelle Force Nationale est convaincue qu’aucune force armée ne saurait éteindre le feu du désaccord politique. Seule une réflexion collective, humble et courageuse peut nous sortir de l’impasse. Il est impératif de mettre de côté les postures partisanes et les rancœurs pour privilégier un dialogue franc et sincère qui rassemble tous les béninois, d’ici et d’ailleurs », écrit le parti politique Nouvelle Force Nationale dans son communiqué. « Cet événement ignoble et dramatique indique une fois encore la nécessité pour tous les acteurs politiques de notre pays de privilégier le dialogue comme moyens de solutions à tout ce qui nous oppose », indique le parti Les Démocrates. « La dévolution du pouvoir d’Etat, selon mes convictions, répond à un seul principe cardinal et inconditionnel, celui des urnes, celui du peuple, celui d’élections libres, inclusives et transparentes », reconnaît l’ancien président Boni Yayi qui appelle le peuple béninois au calme. Plusieurs fois et à plusieurs occasions surtout dans ses publications sur sa page Facebook, le président Daniel EDAH n’a pas cessé d’appeler au dialogue franc et inclusif. Au regard de ces événements devenus monnaie courante sous le régime dit de la rupture, « il nous revient de reconstruire notre vivre ensemble , car nul ne doit plus jamais connaître de tels drames. Nous ne saurons laisser perdurer cette polarisation de notre société qui s’installe et qui se creuse d’avantage », alerte Komi Koutché.
A l’évidence, le manque de dialogue politique aura poussé le Benin au bord du précipice avec à la clé des exclusions politiques, économiques, avec l’intensification de la misère dont l’élément catalyseur est la Cherté de la vie devenue le quotidien des béninois. S’asseoir, discuter et s’entendre sur l’essentiel entre acteurs sera une issue, si non, la seule capable de redonner au Bénin son éclat de pays véritablement démocratique.