Après l’attaque contre les institutions béninoises le dimanche 07 décembre, la CEDEAO a envoyé sa force d’attente en un temps record. Cette réaction, rare par sa rapidité, relance le débat sur le fonctionnement réel de ce mécanisme régional de sécurité.
Quelques heures seulement après la tentative de coup d’État au Bénin, la CEDEAO a ordonné le déploiement immédiat de sa force d’attente. Des soldats venus notamment du Nigéria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone ont été mobilisés pour appuyer les autorités béninoises. C’est la première fois que l’organisation réagit aussi vite à une crise politique dans un État membre.
Habituellement, les décisions militaires de la CEDEAO prennent plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Mais cette fois, l’organisation a agi presque instantanément. Des responsables régionaux y voient un signe que l’institution veut éviter la multiplication des coups d’État qui frappent l’Afrique de l’Ouest depuis 2020. Cette réactivité a été saluée par plusieurs analystes qui affirment que la CEDEAO cherche désormais à prévenir les crises avant qu’elles ne s’aggravent.
Que sait-on de la force d’attente ?
La force d’attente de la CEDEAO n’est pas une armée permanente. Il s’agit d’un regroupement de troupes mises à disposition par les pays membres. Selon les plans adoptés ces dernières années, cette force peut compter environ 5000 soldats, prêts à être mobilisés en cas d’urgence.
Les pays qui envoient généralement le plus de troupes sont le Nigéria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo. Ces soldats suivent régulièrement des entraînements communs, afin de pouvoir intervenir ensemble lors d’une crise sécuritaire ou politique.
La force d’attente peut être activée lorsque les chefs d’État de la CEDEAO jugent qu’un pays membre est menacé. Cette décision donne automatiquement l’ordre aux armées nationales de mettre à disposition un nombre défini de soldats. Le mécanisme repose sur trois étapes. Dabord il faut qu’une décision politique soit prise par les dirigeants de la CEDEAO. La deuxième étape constitue la mobilisation des contingents, déjà listés dans les armées nationales. La dernière étape est le déploiement sur le terrain, avec l’accord du pays concerné ou en cas de rupture grave de l’ordre constitutionnel.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU