Cent élèves enlevés le 21 novembre à l’école catholique St. Mary’s de Papiri ont été remis aux autorités à Minna le 8 décembre. Leur retour soulage les familles, mais pose d’importantes questions sur la prise en charge des enfants et l’avenir des quelque 115 à 153 écoliers toujours portés disparus.
Les autorités de l’État du Niger ont accueilli lundi 100 des élèves enlevés le 21 novembre à St. Mary’s, un des pires raids visant une école au Nigeria ces dernières années. Les images des enfants au siège du gouvernement montrent des visages fatigués mais soulagés ; certains ont déclaré avoir dormi à même le sol pendant leur captivité, selon des témoignages recueillis par des médias sur place.
Sur le plan sanitaire et psychologique, l’UNICEF a immédiatement appelé à des bilans médicaux et à des prises en charge psychothérapeutiques, estimant que des enfants ayant passé au moins deux semaines en captivité « auront certainement besoin d’aide ». Les premières évaluations médicales ont été annoncées et des équipes spécialisées sont mobilisées pour détecter blessures, malnutrition ou traumatismes psychiques.
Les détails de l’opération ayant permis la remise des 100 enfants n’ont pas été communiqués par le gouvernement. Le flou autour de la méthode — opération de sécurité, négociation ou paiement d’une rançon — renforce les inquiétudes : les autorités nigérianes gardent souvent le silence sur ces aspects pour des raisons de sécurité, mais les analystes rappellent que le « marché » de l’enlèvement ransomier reste vivace dans certaines régions du pays.
Alors que des prières et des remerciements officiels ont accompagné la remise des enfants — le gouvernement saluant le rôle des services de l’État — la question centrale demeure : comment protéger durablement les écoles et empêcher que cette violence ne se reproduise ? Les familles attendent toujours le retour de leurs proches et des réponses claires sur ce qui s’est réellement passé.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU