L’Union Progressiste Le Renouveau(UP-R) se libère progressivement de l’emprise du Parti du Renouveau Démocratique(Prd). La dernière liste proposée par le parti pour les prochaines élections législatives n’a pas fait la part belle aux candidats du parti arc-en-ciel qui refuse de se fondre totalement dans l’union après la signature d’un accord de fusion en août 2022.
Le Parti du Renouveau Démocratique- vu ici comme une entité de l’Union Progressiste le Renouveau- paie cher la fronde récente de son président Me Adrien Houngbédji. La dernière liste proposée par le parti du baobab et qui circule dans la presse apparaît révèle une sorte de sanction pour le parti. Et pour cause, le parti a été réduit à la portion congrue dans toutes les circonscriptions électorales où il avait pion sur rue. Il s’agit des 15è, 19è, 20è et marginalement la 21è. Depuis plusieurs législatures, le PRD devenu aujourd’hui une sensibilité de l’UP-R a fait carton plein dans ces circonscriptions électorales dominées par les ethnies Goun, Tori et Sêtto restées fidèles au parti.
Mais cette fois-ci, le PRD est subtilement écarté. L’UP-R a semblé visiblement s’affranchir de la dépendance au PRD. Dans la 15è circonscription, on ne voit presque pas la trace du PRD. Raphaël Akotègnon, ministre de la décentralisation et plusieurs fois député du parti n’y figure pas contrairement à 2023. Dans la 19è, bastion imprenable du parti depuis 1990, les députés Jean-Claude Apithy, fils de l’ancien président Sourou Migan Apithy, et Charlemagne Honfo, un fidèle du président Houngbédji, ont été évincés. Ils ont été remplacés par le maire de la ville de Porto Novo Charlemagne Yankoty et Hyppolite Hazoumè, ancien transfuge du PRD, ancien député UPR trempé entre temps dans une affaire de mœurs jamais élucidée. Le parti ne peut compter sur Cécile Ahoumènou, élue dans la circonscription réservée aux femmes et peur connue comme militante du parti. Dans la 20è, David Houinsa, un PRD plus coloré jaune que blanc, s’en sort presque seul. Au total, sur les cinq anciens députés du parti, deux seulement reviennent sur la liste UP-R qui a connu de profonds changements dans ces circonscriptions électorales.
Le parti paie visiblement un prix fort à la dernière fronde menée par son président Me Adrien Houngbédji qui, à maintes occasions a tiré à boulets rouges sur la majorité présidentielle dont il faisait pourtant partie, dénonçant fréquemment l’injustice, le manque de démocratie et l’exclusion qui s’érigent en règle sous la rupture. Il avait affiché une proximité subite avec le Président Boni Yayi qu’il a rencontré à deux reprises. Le parti arc-en-ciel avait d’ailleurs réclamé son identité et agité l’idée d’une plausible rupture de l’alliance avec l’UP sans aller plus loin dans ses menaces. Le président lui-même a fini par arrêter ses diatribes et s’est même éclipsé pour un temps avant d’accorder son soutien à la candidature de Romuald Wadagni.