Dans la nuit du 14 au petit matin du 15 novembre 2025, au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo, les députés de la 9ème législature ont révisé pour la deuxième la Constitution du 11 décembre 1990, après la révision constitutionnelle de 2019. La révision de la Constitution béninoise, adoptée le 15 novembre dernier, continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique. Loin d’apaiser le débat, les modifications ont provoqué une vague de réactions critiques au sein de l’opposition politique et de la Société civile, qui dénoncent une démarche précipitée et un contenu menaçant l’équilibre institutionnel et les acquis fondamentaux de la Conférence Nationale de 1990.
Le Père Arnaud Eric Aguénounon, au lendemain de la révision constitutionnelle du 15 novembre 2025, a réagi sur la chaine de la télévision en ligne ESAE TV. Il a déclaré qu’il s’est réveillé « avec le sentiment de celui qui a connu un braquage ». « C’est le sentiment que j’ai après cette révision Constitutionnelle », a-t-il laissé entendre. Le philosophe politique a indiqué que c’est le même sentiment qu’il a eu en 2019. Il a précisé qu’une constitution est d’une part « un bien commun » et d’autre part « un bien insécable de la notion de nation ». A-t-il fait savoir, qu’il y a 3 trilogies notamment « Etat-pays-Nation », « corps- âme et Esprit » et «intelligence- conscience et raison ». Selon lui, « à travers, ce qu’ il y a eu, nous sommes dans l’impensable, c’est-à- dire depuis 2019, les élections de 2019, de 2021 et autres avec la révision constitutionnelle de 2019, avec tout ce qu’ il y a eu comme duperie,manœuvre, comme morts d’hommes, agression » et qu’ « avec tout cela, cette révision constitutionnelle est une suite logique ». « Mais de façon immédiate, vous avez l’affaire Sodjinou, les départs des 6 jusqu’à maintenant, on a la conclusion », a-t-il lâché.
Le Père Aguénounon a souligné que « tout ce qui a commencé, on a l’aboutissement et le sommet dans la révision » .C’est pour cela, dit-il, que « ces 3 trilogies se justifient ». Il a par ailleurs expliqué que « l’entendement, c’est la capacité de comprendre les choses » et « d’accueillir, les choses ». Pour lui, « les choses accueillies sont des choses de sens, de bien et de vrai ». Il a indiqué que « nous sommes actuellement dans l’inentendement » et qu’il ne sait pas « si les acteurs eux-mêmes comprennent que la Constitution est un bien commun » et « l’âme d’un peuple » qui nécessite une réflexion collective et un dialogue constructif avant toute modification. L’Ecrivain- Essayiste soutient que les députés «n’ont pas posé un acte légitime ». Il a fait un mis au point selon lequel « il y a une différence entre la légalité et la légitimité ».
Il a affirmé que ces députés « sont certes dans une légalité qu’eux ils ont choisi » mais en période préélectorale, « la CEDEAO nous donne des directives ». « Des candidats qui postulent pour 5 ans aujourd’hui, et ils ont eu un bonus. Les dossiers qui sont déjà partis, une Assemblée qui est à son terme et cela pose des problèmes sur la légitimité de l’acte posé, sur la pertinence et la dignité de l’acte posé », a-t-il lâché. Dans le fond, le Père Arnaud Eric Aguénounon a « l’impression que ces députés qui se disent représentants du peuple, en fait ne sont pas des représentants du peuple ». Selon lui, « l’élection ne suffit pas » mais il a martelé qu’ «il faut la conscience, la raison et l’intelligence ».