La représentation nationale a procédé au petit matin du Samedi 15 Novembre 2025 à la révision de la constitution béninoise. Après l’étape de la recevabilité validée par 87 voix pour et 22 contre, la révision proprement dite à été faite avec le quitus de 90 députés contre 19, selon le décompte d’après les coupures d’électricité. Un coup mortel porté à la démocratie béninois autrefois vendue à prix d’or à l’international, mais qui a fini par succomber aux réformes de la rupture. Cette révision, acte sans équivoque le retour du parti unique enterré depuis 1990.
Le Bénin n’à pas fermé l’œil toute la nuit du vendredi 14 au samedi 15 Novembre 2025. Le suspens a certes duré mais l’accouchement si douloureux a donné au Palais des gouverneurs et par césarienne, un monstre constitutionnel qui met la démocratie sous boisseau ou si non, la congédie au cimetière les jours, semaines, mois, années et décennies à venir. La constitution modifiée contient des dispositions anti démocratiques telle la mise à la retraite forcée de la classe politique à travers la trêve politique imposée par l’article 5-1, la création du Sénat qui phagocyte le pouvoir du président de la République, et peut-être pire, telle que la limitation du nombre de mandant dont le verrou a eté sauté par la nouvelle constitution et l’augmentation de 5 à 7 ans de la durée du mandat.
Au cours du vote, des incidents se seraient produits notamment les coupures de courant et de l’internet et ce en plein décompte des voix. L’opposition crie au scandale, mais la révision passe avec toutes les conséquences. Finalement la démocratie béninoise âgée de 35 ans aura succombé sous 90 balles que les 22 gilets par balles de Boni Yayi n’ont pu amortir.
Que s’est-il passé pour pendant les coupures, 22 voix passent rapidement à 19 puis 87 à 90 ?
Une chose est certaine, l’histoire retient désormais que la constitution béninoise a été retouchée deux fois sous le mandat du président Patrice Talon et ce, en espace de 5 ans (2019 puis 2025). Aussi convient-il de faire remarquer, aucune des cinq (05) élections organisées sous la rupture n’aura été véritablement inclusive et transparente sauf celle de 2023 où l’opposition s’était vue attribuer 28 députés malgré la razzia.
Par cette nouvelle modification de la loi fondamentale, la démocratie du Bénin a été criblée de 90 balles tirées par des députés cagoulés dont le peuple qu’ils représentent ne connaîtra jamais le visages avec certitude ; le vote étant secret et pire effectué dans le noir. Les 22 élus de l’opposition clament leur fidélité et jurent n’avoir pas voté pour cette constitution, puis, la majorité parlementaire bien que connue comme très fidèle au Chef de l’État, avait voté contre en 2024 mais cette fois défendra certainement sa fidélité au chef pour ne pas subir des représailles. Finalement, qui sont ceux qui ont véritablement voté OUI et ceux qui ont voté NON ?
La seule certitude après la voté de la proposition de la loi portant modification de la Constitution du 11 décembre 1990, est que après la présidentielle de 2026, une traverse politique s’impose et durera 6 ans avant que les activités ne soient encore menées surtout si vous ne voulez applaudir les actions du gouvernement.
Peut-on applaudir un régime pendant 6 ans et à un an des élections devenir subitement opposant à ce même régime contre la ou les candidatures de qui on souhaite mener la compétition ?
De toute évidence, il est clair que cette disposition de la nouvelle constitution instaure de facon contournée le parti unique banni depuis 1990 où, la conférence nationale des forces vives de la nation a accouché du pluralisme politique et de la démocratie qui n’aura vécue finalement que 25 ans soit de 1990 à 2016.