La République démocratique du Congo et la rébellion du M23 ont paraphé à Doha un accord-cadre pour tenter d’apaiser les violences dans l’Est. Soutenu par les États-Unis et le Qatar, ce nouveau texte s’ajoute aux précédentes tentatives de médiation.
La RDC et le mouvement rebelle M23 ont signé samedi dernier à Doha, un accord-cadre censé ouvrir la voie à la fin des combats qui ravagent l’est du pays. Cet engagement, le dernier en date d’une série d’initiatives diplomatiques, intervient alors que les violences continuent malgré les avancées sur le papier.
Selon les représentants américains, l’accord repose sur huit protocoles, dont six doivent encore faire l’objet de discussions pour définir leurs modalités d’application. Depuis avril, le Qatar accueille des pourparlers entre les deux camps. Ces discussions ont déjà permis l’adoption d’une déclaration de principes en juillet, puis d’un mécanisme envisagé pour surveiller un futur cessez-le-feu en octobre.
Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, a salué un texte qui, selon lui, « place les parties sur la voie de la paix », rappelant que celle-ci « ne peut être imposée par la force, mais se construit dans la confiance et le respect mutuel ».
Parallèlement, la médiation américaine — conduite par l’administration Trump — a tenté d’apaiser les tensions entre le Rwanda, accusé de soutenir le M23, et la RDC. Ces efforts avaient débouché sur la signature d’un accord bilatéral en juin.
Médiation internationale et violences persistantes
Sur le terrain, les violences se poursuivent. Vendredi, des responsables locaux ont rapporté la mort d’au moins 28 civils dans une attaque attribuée à des militants affiliés à l’État islamique dans le Nord-Kivu. Plus tôt dans l’année, les combattants du M23 avaient déjà pris le contrôle de Goma, la plus grande ville de l’est congolais, avant d’étendre leur influence en Nord-Kivu et en Sud-Kivu.
Malgré la dynamique diplomatique, l’accord signé à Doha ne garantit pas un arrêt immédiat des combats. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer la volonté réelle des parties à faire taire les armes.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU