Le Sénat de la RDC a adopté lundi 15 juin 2026 à l’unanimité la loi fixant les modalités d’un référendum constitutionnel. L’opposition dénonce une manœuvre pour permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, interdit par la Constitution de 2006.
Les 89 sénateurs présents ont voté pour ce texte inédit qui définit pour la première fois les règles d’organisation d’un référendum en RDC. Mais l’unanimité ne masque pas la tension. La coalition d’opposition C64 crie au piège et y voit la première étape d’un plan pour réécrire la loi fondamentale avant 2028, date de fin du deuxième mandat du président Tshisekedi.
Le Sénat a modifié la version votée quelques jours plus tôt par l’Assemblée nationale. L’amendement clé exclut les conseillers communaux de l’assemblée constituante chargée de préparer les réformes. Seuls siégeront désormais les sénateurs, députés nationaux et membres des assemblées provinciales. L’argument donné est que ces conseillers n’ont été élus que dans les chefs-lieux de provinces, ce qui fragiliserait la légitimité. L’opposition de son côté dénonce cette modification et parle plutôt d’une manœuvre visant à éliminer des élus locaux moins contrôlables pour verrouiller l’instance.
La Constitution actuelle limite strictement à deux le nombre de mandats présidentiels. Pourtant, l’hypothèse d’un troisième mandat pour Tshisekedi agite Kinshasa depuis des mois.
Depuis quelques jours plusieurs manifestations ont été signalées dans la capitale Kinshasa. La C64 avait décrété une journée ville morte le 3 juin en signe de protestation contre un référendum constitutionnel. Le 12 juin, une mobilisation de l’opposition a tourné aux heurts entre les manifestants et les forces de l’ordre. Le bilan établi : au moins deux morts et plusieurs dizaines de blessés. L’opposition entend organiser d’autres manifestations dans les prochains jours.
La loi prévoit qu’en cas de désaccord entre les deux chambres, la position de l’Assemblée nationale l’emporte. Or elle est majoritairement acquise au pouvoir. L’issue est donc prévisible et la défiance garantie.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU