Presque tous les enfants de la planète sont exposés à au moins un risque climatique, alerte UNICEF dans un rapport publié lundi 15 juin 2026. L’agence onusienne dénonce une « cascade dangereuse » de dangers qui submerge déjà les services sociaux et compromet l’avenir d’une génération.
1,8 milliard d’enfants en danger de sécheresse. 1,2 milliard exposés à des vagues de chaleur extrême. 1,1 milliard subissent au minimum trois risques climatiques en même temps. Publié à Singapour, le « Children’s Climate Risk Report » d’Unicef révèle que les enfants, « disproportionnellement affectés », paient le prix fort d’un dérèglement qui s’accélère.
Le rapport dépasse les seules catastrophes. Il croise données sur canicules, inondations, cyclones, mais aussi pollution de l’air, paludisme et accès à l’eau. Résultat : 662 millions d’enfants menacés par les tempêtes tropicales, 337 millions par les crues de rivières, 33 millions par les inondations côtières. Le paludisme touche 1 milliard d’enfants, surtout en Afrique. « Ce n’est pas l’exposition à un seul danger, mais à plusieurs dangers multiples » qui écrase les systèmes, explique Rohini Sampoornam Swaminathan, auteure du rapport.
Unicef classe la Somalie, Madagascar, Myanmar, Cambodge et le Pakistan comme pays les plus vulnérables. Pour la sécheresse, ce sont Bangladesh, Indonésie, Nigeria, Pakistan et Tanzanie qui concentrent le plus d’enfants exposés, tous dépendants de l’agriculture. Les pays sans littoral subissent un risque « disproportionné » de sécheresse, désertification et stress hydrique. Botswana et Burkina Faso sont déjà en alerte.
Les conséquences dépassent la santé. En 2024, 242 millions d’enfants dans 85 pays ont vu leur scolarité interrompue par le climat. Face à l’urgence, Unicef appelle les gouvernements à investir massivement dans les infrastructures d’adaptation et la gestion des catastrophes. Sans action rapide, avertit l’agence, les services sociaux seront submergés et le droit fondamental à l’enfance sacrifié.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU