L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale », a bénéficié d’une grâce présidentielle. Une issue rendue possible par l’intervention de l’Allemagne, après l’échec des démarches françaises.
Après une année d’incarcération, l’écrivain Boualem Sansal, 76 ans, a retrouvé la liberté. Son pardon, annoncé mercredi par la présidence algérienne, met fin à un bras de fer diplomatique qui opposait Alger à Paris. L’auteur, condamné en mars 2025 pour avoir tenu des propos jugés offensants envers l’État algérien, souffrait d’un cancer dont l’aggravation en prison avait suscité une forte mobilisation internationale.
C’est finalement l’appel du président allemand Frank-Walter Steinmeier qui a permis de dénouer la situation. Dans un communiqué, la présidence algérienne a indiqué que le chef de l’État « a répondu favorablement à la demande de son homologue allemand, en raison de son caractère humanitaire ».
Berlin s’est engagé à assurer la prise en charge médicale de l’écrivain sur son territoire. Le président français Emmanuel Macron a salué un « geste décisif de l’Allemagne » et remercié son homologue pour « avoir su trouver la voie du dialogue ».
Plusieurs éléments expliquent cette réussite. Selon des analystes interrogés par RFI et Le Monde Afrique, les liens d’amitié entre l’Algérie et l’Allemagne, surtout sur le vollet de la coopération économique ont favorisé la confiance entre les deux pays. De plus, une prolongation du procès de Boualem Sansal aurait pu empirer les relations d’Alger non seulement avec Paris, mais aussi avec Bruxelles, soucieuse de la liberté d’expression en Algérie.
La médiation allemande, strictement présentée comme humanitaire et dénuée de toute charge politique, a ainsi permis à Alger de sauver la face tout en répondant à la pression internationale. Pour Berlin, c’est un succès discret mais symbolique et pour Boualem Sansal, la promesse d’un retour à la liberté après une année d’épreuve.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU