Le gouvernement camerounais a fait état de 16 morts et plus de 800 arrestations à la suite des manifestations postélectorales. Les ONG, elles, estiment que le nombre réel de victimes serait au moins deux fois supérieur.
Au Cameroun, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a présenté un nouveau bilan des violences survenues après la réélection du président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quarante ans. Lors de son passage à Douala, il a déclaré que « le nombre de morts enregistrés dans le pays dans cette période est de seize », des victimes qu’il a qualifié « d’assaillants neutralisés ». Le ministre a également précisé que plus de 800 personnes avaient été interpellées et que « plus de 150 assaillants ont attaqué une brigade de gendarmerie et un commissariat de police dans l’intention d’assassiner les forces de maintien de l’ordre ».
Ces chiffres sont pourtant loin de faire consensus. Philippe Nanga, coordinateur de l’ONG Un Monde Avenir, juge que « c’est une bonne chose que nous commencions à avoir des sorties officielles faisant remonter des chiffres. Mais ces chiffres, au regard de ce que nous avons recoupé jusqu’ici, semblent bien loin de ce qui est partagé par plusieurs sources. On avoisinerait plutôt une trentaine de morts ». L’ONG déplore aussi de graves difficultés d’accès aux hôpitaux, ce qui empêcherait d’établir un décompte complet des victimes.
Le contraste entre les bilans gouvernementaux et ceux des ONG souligne la méfiance persistante entre les autorités et la société civile. Tandis que Yaoundé parle de contrôle retrouvé, les organisations de défense des droits humains évoquent au contraire un usage excessif de la force.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU