Le dernier rapport du Global Global initiative against transnational organized crime, en français l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (Gitoc) publié le 16 octobre 2025 dernier revient sur les agissements de Wagner au Mali.Le rapport revient sur le detournement des armes du stock official de l’armée malienne par le groupe paramilitaire russe.
Le rapport révèle que plusieurs armes issues des stocks officiels de l’armée malienne ont été détournées pour équiper des groupes paramilitaires et milices locales. Mitrailleuses lourdes, véhicules blindés et drones figureraient parmi les équipements utilisés en dehors de tout cadre légal. Cette prolifération alimente, selon la Gitoc, l’instabilité chronique et complique les efforts de contrôle du territoire par les autorités maliennes.
Le rapport de la Gitoc fait état de plus de 866 civils tués en 2024, contre 78 en 2021, dans des opérations menées conjointement par les forces armées maliennes et les combattants de Wagner. Ces chiffres traduisent une forte intensification des violences dans le centre et le nord du pays, où les populations civiles restent les principales victimes.
Wagner, entre influence politique et stratégie militaire
Le rapport évoqué s’interroge sur la véritable nature de la présence russe au Mali, qualifiée de « zone grise » entre coopération militaire et ingérence. Malgré la mort de Yevgueni Prigojine en 2023 et la réorganisation de Wagner sous la bannière d’Africa Corps rattaché au ministère russe de la Défense, le groupe continuerait d’opérer activement dans plusieurs zones, en particulier autour de Mopti et Gao. Le groupe paramilitaire russe Wagner a opéré au Mali vers la fin de 2021.
Des implications régionales préoccupantes
Certains auteurs mettent en garde contre le risque de contagion régionale, alors que des armes circulent vers le Niger et le Burkina Faso. Le rapport appelle à une meilleure transparence des contrats militaires et à un contrôle accru des flux d’armes dans le Sahel. Si Bamako revendique une coopération « gagnant-gagnant » avec la Russie, les révélations relayées par le rapport de la Gitoc rappellent qu’au Mali, la guerre contre le terrorisme s’accompagne désormais d’une autre bataille à savoir celle pour la souveraineté et la vérité.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU