Alors que Donald Trump autorise la CIA à mener des opérations secrètes contre Caracas, Nicolás Maduro affirme que son plan de défense nationale est « complet » et soutenu par tout le pays. Mais cette démonstration de force intervient alors que Washington intensifie la pression politique et militaire sur Caracas.
« Toutes les entités fédérales sont prêtes », a déclaré samedi 18 octobre Nicolás Maduro, au terme d’exercices militaires menés dans les quatre régions du Venezuela. Selon lui, le plan « Indépendance 200 » marque l’achèvement d’une « union parfaite entre le peuple, la police et l’armée » pour défendre la patrie contre les menaces venues de Washington. Une mise en garde claire, alors que les États-Unis ont récemment durci le ton.
Le 15 octobre, Donald Trump a confirmé avoir autorisé la CIA à mener des opérations clandestines sur le territoire vénézuélien, officiellement dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Mais selon plusieurs analystes, cette justification masque une volonté d’imposer un changement de régime et d’accéder aux immenses réserves pétrolières du pays, comme le souligne également RFI. Trump a même affirmé que Maduro lui avait « offert tout » — y compris des ressources naturelles — pour éviter une escalade, d’après Reuters.
Un rapport de force déséquilibré
Militairement, le Venezuela peine à rivaliser. Les États-Unis disposent d’une supériorité écrasante en troupes, en avions et en navires car étant la première puissance militaire mondiale avec plus de 800 milliards de dollars de budget militaire. Caracas compte surtout sur une stratégie défensive, avec des armes russes et iraniennes pour freiner une éventuelle attaque. Selon The Guardian, les frappes américaines récentes sur des navires vénézuéliens présumés liés au narcotrafic auraient déjà fait 27 morts.
Une guerre aux justifications floues
Washington présente le Venezuela comme une plaque tournante du trafic de drogue vers les États-Unis. Or, plusieurs rapports pointent plutôt le Mexique comme principale source de fentanyl, ce qui fragilise cet argument. Certains observateurs voient dans cette posture américaine une nouvelle étape d’un expansionnisme assumé, déjà illustré par la récente volonté de Trump d’annexer le Groenland ou encore le Canada.
Face à cette pression grandissante, Maduro tente de mobiliser la fibre patriotique : « Nous défendrons la patrie en paix », a-t-il promis. Mais beaucoup doutent que son armée, affaiblie par les sanctions et la crise économique, puisse résister longtemps à une puissance comme les États-Unis.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU.