L’épidémie de choléra en cours au Soudan continue de tuer, avec un taux de mortalité dépassant largement le seuil d’urgence. L’OMS tire la sonnette d’alarme sur la situation qui exige une riposte immédiate
L’épidémie de choléra qui ravage le Soudan depuis plus d’un an continue de faire des ravages. Selon le ministère fédéral de la Santé, 120 496 cas et 3 368 décès ont été enregistrés à ce jour. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti mercredi que le taux de létalité, évalué à 2,8 %, est près de trois fois supérieur au seuil d’urgence fixé à 1 %.
Les combats incessants entre les Forces armée soudanaise (FAS) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui durent depuis le 15 avril 2023 entravent gravement la lutte contre la maladie. Les déplacements massifs de populations, les pluies diluviennes et le manque d’accès à l’eau potable rendent la propagation quasi inévitable.
Transmise principalement par de l’eau ou des aliments contaminés, la bactérie du choléra peut tuer en quelques heures si elle n’est pas traitée. Mais dans un pays où des millions de personnes n’ont plus accès ni à des soins médicaux ni à une eau propre, la prévention devient un défi presque insurmontable.
Selon l’ONU, le conflit a déjà provoqué la pire crise humanitaire au monde, plongeant plusieurs régions dans la famine. Malgré la reprise de Khartoum et d’autres zones par l’armée régulière, les violences continuent de faire obstacle à l’aide humanitaire.
Pour l’OMS, l’heure est désormais à la mobilisation internationale. Sans renforcement rapide des secours, le pays pourrait faire face à une catastrophe sanitaire d’ampleur historique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU