L’écrivain hongrois László Krasznahorkai a remporté le prix Nobel de littérature 2025. L’Académie suédoise salue une œuvre dense et visionnaire qui explore la fragilité du monde moderne à travers une écriture hypnotique.
L’Académie suédoise a récompensé un auteur peu connu du grand public, mais célébré par la critique pour son style unique. Né en 1954 à Gyula, dans le sud-est de la Hongrie, Krasznahorkai s’est imposé dès son premier roman Satantango (1985), adapté plus tard au cinéma par Béla Tarr. Ses récits plongent souvent dans des univers sombres, peuplés de personnages en quête de sens dans un monde au bord du chaos.
Son œuvre, marquée par des phrases longues et sinueuses, dépeint des sociétés en déclin où la violence et la désillusion s’entremêlent. L’auteur, parfois surnommé par la critique « maître de l’apocalypse », évoque autant Kafka que Dostoïevski dans sa façon d’explorer le désespoir humain et les illusions collectives.
Au fil de ses livres, comme La Mélancolie de la résistance, Guerre & Guerre ou encore Seiobo est descendue sur terre, Krasznahorkai mêle le fantastique, la philosophie et la poésie. Ses histoires parlent de foi, de chute et d’attente vaine, dans une langue exigeante mais d’une grande beauté.
Le choix de l’Académie intervient dans un contexte mondial troublé, où la littérature retrouve un rôle essentiel : celui de questionner, d’éveiller et de résister. László Krasznahorkai devient ainsi le deuxième Hongrois à recevoir le Nobel, après Imre Kertész en 2002. Il succède à la Sud-Coréenne Han Kang, lauréate 2024, récompensée pour son exploration poétique de la mémoire, de la douleur et de la réconciliation
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU