Le parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) est en lice pour l’élection présidentielle d’avril 2026 qui permettra de choisir le successeur de Patrice Talon. Paul Hounkpè, Secrétaire exécutif national de la formation politique a été désigné par les militants pour la représenter. Une candidature qui suscite assez d’interrogations vu la carrure et les positions peu orthodoxes de l’homme qui entretient une bonne relation avec la mouvance bien que se réclamant de l’opposition.
Paul Hounkpè est le candidat du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pour l’élection présidentielle d’avril 2026. Il a été choisi par sa base pour être dans la course devant permettre d’élire le nouveau président de la République après la fin du mandat du sortant, Patrice Talon. Seul bémol, cette candidature de l’homme connu comme très impopulaire en raison de son incapacité à se faire élire même dans sa propre localité laisse voir des intentions machiavéliques d’une partie de la classe politique. Son électorat ne dépasse même pas celui d’un petit village de 150 habitants. Son parti est mourant car tous les membres ont rejoint les démocrates ou les partis de la mouvance. L’on se demande bien pour qui roule l’ancien maire de Bopa et ancien ministre sous Boni Yayi. Le parti que dirige Paul Hounkpè, la Fcbe dispose de six maires, élus sous sa bannière à l’issue des communales et municipales de mai 2020. Ce nombre de maires est bien loin du minimum légal requis. Selon le Code électoral, tout candidat aux fonctions de président ou de vice-président de la République doit être dûment parrainé par au moins 15 % de l’ensemble des élus députés et/ou maires, soit 28 parrainages requis. Pour contourner cette barrière, des accords ont été signés entre la Fcbe et les deux grands blocs de la mouvance dont l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain. Selon le dernier alinéa de l’article 132 nouveau du code électoral, l’accord tripartie de gouvernance signé mi-septembre entre les trois formations permet donc aux députés et maires Up le Renouveau et Br de parrainer un candidat désigné par la Fcbe, notamment Paul Hounkpè. Ses accords avec des partis de la mouvance présidentielle sont vus par les avertis de la politique comme de la « cohabitation politique » ou des compromis suspects, ce qui pourrait diluer le message de l’opposition. En somme, c’est une stratégie d’instrumentaliser la Fcbe à des fins partisanes ou de « barrages » politique. De façon plus simple, la mouvance pourrait profiter de la candidature de Paul Hounkpè comme alibi de pluralisme sans que le parti ait une réelle autonomie. Conséquence directe, les voix de l’opposition seront fragmentées et fragilisées au profit du duo de la mouvance. A défaut de tous ces aspects suscités, l’on se demande bien l’intérêt des deux grands partis de la mouvance de positionner et de parrainer une personnalité impopulaire s’il est bien clair qu’ils disposent en leur sein des cadres charismatiques qui sont plus populaires que le Secrétaire exécutif national de la Fcbe, mais qui n’ont jamais eu le courage de dévoiler leurs intentions.
De toute évidence, Paul Hounkpè est pressenti comme acteur dans un film avec une partie de la classe politique pour neutraliser l’opposition. Cependant, cette stratégie ne sera pas sans revers pour la mouvance qui risque de perdre de l’électorat avec sa candidature, car Paul Hounkpè est originaire de la même zone électorale que le candidat, Romuald Wadagni. Pour finir, la Fcbe en participant à l’élection présidentielle est dans un jeu de renaissance et de reconquête. Depuis les législatives de 2023, le parti a été écrasé, ce qui montre que son électorat est très faible. Par ailleurs, n’ayant pas obtenu les suffrages nécessaires pour avoir des députés, la formation n’a pas pu se faire représenter au parlement. La candidature de Hounkpè semble vouloir redonner de la visibilité au parti, mobiliser ses troupes, regagner un poids politique.
Mohamed Yèkini