La lutte contre la dégradation des terres s’impose désormais comme l’un des principaux défis du développement agricole au Bénin. Conscient des conséquences que ce phénomène fait peser sur la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs, le gouvernement a lancé, vendredi 24 juillet 2026 à Cotonou, un programme de restauration des terres agricoles qui s’étendra jusqu’en 2030.
Porté par le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, le projet, baptisé « Systèmes alimentaires durables pour une plus grande résilience et une sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin », mobilise un financement global de 20 766 207 dollars. Cette enveloppe est constituée d’un appui du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) de 5 966 207 dollars, complété par une contribution de 14,8 millions de dollars de l’État béninois. En effet, l’initiative traduit la volonté des autorités de protéger durablement les ressources naturelles qui soutiennent l’agriculture nationale. Cinq communes ont été retenues pour cette première phase : Karimama, Malanville, Glazoué, Kétou et Les Aguégués. Dans ces localités, 20 000 hectares de terres dégradées seront restaurés, tandis que des pratiques agricoles durables seront progressivement mises en œuvre sur 114 900 hectares supplémentaires.
Les retombées attendues sont importantes. Environ 36 000 bénéficiaires directs devraient être accompagnés, avec un impact estimé sur plus de 356 000 personnes à l’horizon 2030.
Ce programme intervient dans un contexte où l’agriculture demeure un pilier de l’économie béninoise. Le secteur contribue à plus de 24 % du produit intérieur brut et assure les moyens de subsistance de près de 2,3 millions d’actifs. Les autorités estiment toutefois que les performances enregistrées ces dernières années ne pourront être maintenues sans une meilleure préservation des sols.
Selon des données officielles citées lors du lancement, près de 38 % du territoire national est affecté par la dégradation des terres. Ce phénomène touche environ 40 % de la population et peut entraîner une baisse de plus de la moitié des rendements agricoles dans les zones concernées.
Pour le gouvernement, restaurer les terres revient donc à investir dans l’avenir de l’agriculture béninoise. Les technologies retenues feront l’objet d’évaluations avant leur déploiement afin de garantir leur efficacité et leur adaptation aux réalités locales. Les modalités d’exécution du projet, notamment le calendrier des interventions et les critères de sélection des bénéficiaires, seront précisées progressivement au cours de sa mise en œuvre.
Alola BIAOU