Fraîchement installé à la tête de l’Université d’Abomey-Calavi, le nouveau recteur Charlemagne Babatoundé IGUE hérite d’une institution prestigieuse mais confrontée à de multiples défis. Entre anomalies de gestion, insuffisances infrastructurelles et attentes pressantes des étudiants, sa feuille de route s’annonce particulièrement exigeante.
L’Université d’Abomey-Calavi (UAC), fleuron de l’enseignement supérieur béninois, a officiellement tourné une nouvelle page. Après plusieurs années de gouvernance, le professeur Félicien Avlessi a passé le témoin à son successeur, le professeur Charlemagne Babatoundé Igue. La cérémonie de passation, tenue ce 30 septembre 2025, a marqué le début d’un mandat attendu, tant les défis sont nombreux.
En effet, l’UAC fait face à des problèmes structurels persistants. On peut citer les surcharges des amphithéâtres, le déficit criard d’enseignants permanents, la lenteur administrative et l’insuffisance de ressources financières. Les revendications liées aux conditions d’études et de travail, demeurent un casse-tête pour les dirigeants successifs. À cela s’ajoutent des anomalies récurrentes dans la gestion des inscriptions et de la délivrance des documents académiques, souvent sources de mécontentement chez les étudiants.
Le nouveau recteur se doit donc d’imprimer sa marque. Sa feuille de route, orientée vers une modernisation de la gouvernance universitaire, s’appuie notamment sur la digitalisation des procédures, le renforcement de l’autonomie financière de l’UAC et l’amélioration du dialogue social. Des chantiers prioritaires qui, s’ils sont menés à bien, permettront de redorer le blason de la plus grande université du pays. Mais le défi est de taille. Le professeur Igue devra concilier l’exigence d’une gestion rigoureuse avec les attentes d’une communauté universitaire de plus en plus nombreuse et exigeante. Pour beaucoup, son succès dépendra de sa capacité à instaurer une gouvernance participative et à capter de nouveaux financements pour combler les manques criants en infrastructures et équipements.
La communauté académique, les partenaires sociaux et le gouvernement observent désormais le nouveau capitaine du navire universitaire. Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à transformer les anomalies actuelles en opportunités pour repositionner l’UAC comme un pôle d’excellence et d’innovation en Afrique de l’Ouest.
Gildas AHOGNI