Attirés du Nigeria voisin par l’espoir d’un emploi bien rémunéré, une vingtaine de ressortissants nigérians ont découvert à Parakou les contours d’un véritable cauchemar. Dépouillement, séquestration et exploitation : derrière le discours alléchant se cachait un système destiné à alimenter un réseau de recrutement.
La promesse était belle. Un emploi bien payé, une nouvelle chance, peut-être même un avenir meilleur. Mais à l’arrivée à Parakou, le rêve s’est transformé en enfer pour une vingtaine de ressortissants nigérians. Entre le 24 et le 30 août 2026, les opérations du Commissariat du 3ᵉ arrondissement ont permis de les libérer d’un système d’exploitation qui aurait des liens avec les activités de QNET.
En effet, plus de 10 millions de francs CFA auraient été soutirés aux victimes. Comme si cela ne suffisait pas, elles auraient ensuite été enfermées dans un local commun et contraintes de participer au recrutement de nouvelles personnes. Le procédé est particulièrement inquiétant : les victimes deviennent à leur tour des instruments du système, permettant au réseau de se renouveler.
Un système qui prospère sur la vulnérabilité
Ce qui interpelle surtout dans cette affaire, c’est le mécanisme utilisé. Des personnes à la recherche d’un emploi sont attirées par des promesses suffisamment séduisantes pour les pousser à quitter leur pays. Une fois sur place, elles se retrouvent privées de leurs ressources et de leur liberté. Le phénomène pose donc une question plus large : jusqu’où peut aller l’exploitation de la détresse économique et du chômage pour attirer de jeunes personnes dans des réseaux opaques ?
Les trois opérations policières menées dans plusieurs quartiers du 3ᵉ arrondissement ont conduit à l’interpellation d’une dizaine de suspects, tous de nationalité nigériane et présentés comme des responsables du système. Une intervention salutaire, certes, mais qui ne saurait constituer une réponse définitive.
Les propriétaires aussi dans le viseur
La Police républicaine annonce vouloir traquer également les propriétaires qui mettent leurs maisons à disposition de ces individus pour leurs activités. Une mesure qui mérite d’être prise au sérieux. Louer un local ne devrait jamais signifier fermer les yeux sur ce qui s’y déroule. Cette affaire rappelle surtout que la lutte contre ces réseaux ne doit pas s’arrêter aux exécutants. Il faut remonter la chaîne, identifier les organisateurs, les financiers, les recruteurs et tous ceux qui facilitent leur implantation.
Car derrière chaque prétendue opportunité d’emploi peut parfois se cacher une machine d’exploitation. Et face à ces réseaux, la vigilance doit être collective.
ASG