Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé le retour de la peine capitale avec exécution pour les personnes reconnues coupables d’incendies volontaires. L’instruction a été donnée le 30 août 2026 lors d’une réunion gouvernementale, avec pour objectif une modification du Code pénal avant le 15 septembre.
La décision intervient après une série de feux de forêt déclarés à partir du 26 août dans le nord, le centre et l’est du pays. Le bilan officiel fait état de 12 morts dont 5 à Jijel, 4 à Béjaïa et 3 à Tizi Ouzou. À Béjaïa, 54 personnes ont été blessées, dont 6 grièvement. Plusieurs victimes ont été transférées vers l’hôpital des Grands Brûlés de Zéralda.
Selon la Protection civile, 193 incendies de végétation ont été recensés. Au 30 août, 147 foyers étaient maîtrisés et 46 restaient actifs dans 13 wilayas, dont Jijel, Béjaïa et Skikda avec 7 foyers chacune. Le président a cité des vents de plus de 100 km/h et des conditions météorologiques défavorables comme facteurs de propagation.
Évoquant une possible origine criminelle, le président algérien a demandé l’ouverture d’enquêtes et le durcissement de la loi. Les condamnations à mort prononcées devront être exécutées après épuisement des voies de recours. L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993, même si la peine de mort reste inscrite pour certains crimes. En juillet dernier, elle avait déjà été réintroduite pour des infractions liées au trafic de drogue.
Parallèlement, le chef de l’État a décrété trois jours de deuil national à partir du 27 août et a promis l’indemnisation, d’ici la mi-septembre, des personnes ayant perdu leurs logements, cheptels ou vergers. Le Premier ministre Sifi Ghrieb a été chargé d’assurer la prise en charge des blessés et des sinistrés.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU