La République démocratique du Congo (RDC) fait face à la plus grave épidémie d’Ebola jamais enregistrée sur son territoire. Dans son dernier bulletin publié au 30 juillet, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique que la flambée actuelle a dépassé celle de 2018-2020, jusqu’ici considérée comme la plus importante du pays.
Selon l’agence onusienne, 3 605 cas confirmés de maladie à virus Ebola ont été recensés, dont 1 587 décès, soit un taux de létalité de 44 %. L’épidémie de 2018-2020, qui avait touché principalement les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, avait enregistré 3 317 cas confirmés.
L’épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo, une espèce du virus Ebola identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007 et contre laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n’est actuellement disponible. Cette particularité complique considérablement la riposte sanitaire, qui repose essentiellement sur le dépistage précoce, l’isolement des malades, le suivi des contacts et le renforcement des mesures de prévention.
Déclarée initialement dans la zone de santé de Mongbwalu, en Ituri, la maladie s’est rapidement propagée. Elle touche désormais 49 zones de santé réparties dans cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Les personnels soignants figurent également parmi les victimes, avec 151 infections et 44 décès, illustrant les difficultés persistantes en matière de prévention des infections dans les établissements de santé.
L’OMS souligne que l’insécurité liée aux conflits armés, les déplacements massifs de populations et les mouvements transfrontaliers entravent les opérations de surveillance et de prise en charge. Dans plusieurs zones affectées, les attaques contre les structures sanitaires limitent l’accès des équipes médicales et favorisent une transmission silencieuse du virus.
Face à cette situation, l’organisation classe le risque comme « très élevé » à l’échelle nationale et appelle à une mobilisation internationale accrue afin de renforcer la surveillance épidémiologique, les capacités de diagnostic, les soins aux patients ainsi que les moyens logistiques nécessaires pour contenir la propagation de cette épidémie sans précédent.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU