Le Maroc prend la présidence de l’AFRA, le principal cadre africain de coopération dans le domaine nucléaire civil. Une nouvelle responsabilité qui intervient alors que plusieurs pays du continent s’intéressent de plus en plus aux usages pacifiques de l’ l’atome.
Le Maroc renforce sa présence dans le domaine nucléaire en Afrique. Le Royaume a été désigné, jeudi 17 septembre à Vienne, pour présider l’African Regional Cooperative Agreement for Research, Development and Training Related to Nuclear Science and Technology (AFRA). La désignation est intervenue en marge de la 70ᵉ Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Pour un mandat d’un an, la présidence sera assurée par Hamid Marah, directeur général du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). Il succède au Botswanais David Tshere. L’AFRA réunit une quarantaine de pays africains et travaille notamment sur la formation, la recherche et les applications pacifiques des technologies nucléaires dans des secteurs comme la santé et l’agriculture.
Cette responsabilité vient renforcer le rôle déjà joué par le Maroc dans ce domaine. Le pays forme depuis plusieurs années des spécialistes africains et dispose d’un réacteur de recherche. Il est également engagé dans plusieurs programmes de l’AIEA, notamment dans le domaine de la santé.
La santé au cœur de la coopération
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, présent à la cérémonie, a salué la désignation du Maroc. Selon lui, 46 pays africains bénéficient actuellement des programmes de l’agence, notamment pour la prise en charge du cancer par radiothérapie.
Le Royaume participe notamment à l’initiative « Rays of Hope », lancée en 2022 par l’AIEA pour améliorer l’accès aux soins de radiothérapie sur le continent. La nouvelle présidence de l’AFRA devrait ainsi permettre au Maroc de poursuivre son implication dans le transfert de compétences et la coopération scientifique entre les pays africains.
À Vienne, l’ambassadeur marocain Azzeddine Farhane a présenté cette désignation comme une marque de l’engagement du Royaume aux côtés des autres pays africains. Hamid Marah a, pour sa part, annoncé sa volonté de consolider les acquis de l’AFRA et de renforcer le transfert de compétences.
Cette prise de responsabilité intervient dans un contexte où plusieurs États africains avancent dans leurs projets nucléaires. L’Égypte construit notamment la centrale d’El-Dabaa avec le russe Rosatom, tandis que l’Éthiopie a conclu fin 2025 un partenariat avec le même groupe pour deux réacteurs. Le Ghana et le Rwanda figurent également parmi les pays qui étudient le développement de capacités nucléaires.
Pour le Maroc, cette présidence offre donc un nouveau cadre pour renforcer les échanges scientifiques et techniques avec les autres pays du continent, alors que l’Afrique cherche à diversifier ses sources d’énergie et à développer davantage les applications civiles du nucléaire.
Alola BIAOU