Le général Muhoozi Kainerugaba, chef d’état-major de l’armée ougandaise et fils du président Yoweri Museveni, a annoncé dimanche 28 juin avoir ordonné la fermeture de deux médias majeurs du pays. Il s’agit du Daily Monitor, plus grand quotidien indépendant d’Ouganda, et de NTV Uganda, l’une des principales chaînes privées. Les deux appartiennent au groupe kenyan Nation Media Group (NMG), coté à Nairobi.
Selon les informations relayées par plusieurs médias internationaux, des militaires ont été déployés dès dimanche matin devant les locaux de NMG à Kampala. Le personnel s’est vu interdire d’entrer ou de sortir, et les antennes de NTV, Spark TV et Daily Monitor ont été coupées.
Sur X, Muhoozi a écrit : « En Ouganda, je ne crois pas à une presse libre! La presse doit être guidée par les cadres de la révolution ». Il a ajouté que les deux médias ne rouvriront pas sans son autorisation et que désormais, toutes les mauvaises histoires sur l’Ouganda devront être validées par mon bureau.
Aucune raison officielle précise n’a été donnée. Le porte-parole du gouvernement et la directrice de NMG Ouganda n’avaient pas réagi dans l’immédiat.
Général formé à Sandhurst, Muhoozi est régulièrement cité comme possible successeur de son père, au pouvoir depuis 1986. Il est connu pour ses sorties controversées sur les réseaux sociaux, dont des menaces contre l’opposant Bobi Wine qui est présentement exilé.
Le Daily Monitor avait déjà été fermé 10 jours en 2013 par le gouvernement de Museveni après des articles sur sa succession. Des ONG de défense de la presse dénoncent une nouvelle escalade contre les médias indépendants à l’approche des débats sur la transition politique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU