Le 27 juin 2026, le vice-président Teodorin Obiang Nguema Mangue, fils du président de la République, a menacé de rompre tout lien diplomatique si la vente aux enchères d’un hôtel particulier avenue Foch est maintenue. L’ultimatum de Malabo survient moins de 24 heures après la rupture annoncée par le Burkina Faso avec Paris.
La tension monte entre la France et la Guinée équatoriale. Le bien visé est un immeuble de près de 4 000 m² estimé à 100 millions d’euros, confisqué à Teodorin Obiang. Condamné en 2021 pour blanchiment et corruption, il avait écopé d’une amende et de la confiscation de ses avoirs français. L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) a ouvert les appels à candidatures jusqu’au 9 juillet 2026. L’argent issu de cette vente sera après restituer à la population équatoguinéenne à travers le financement des projets de société suivant un mécanisme spécifique.
Pour Malabo, cette vente est « un acte hostile ». Le pays exige la suspension de la procédure, faute de quoi il saisira l’ambassade de France à Malabo, expulsera les diplomates et engagera une « révision intégrale » des relations.
La France invoque l’indépendance de sa justice et le principe de lutte contre les biens mal acquis. D’une part, reculer affaiblirait ce pilier de la diplomatie et créerait un précédent. D’autre part, maintenir la vente risquerait une rupture diplomatique avec la Guinée équatoriale.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU