Une affaire qui jette une ombre sur les rangs de la police républicaine. A Akassato, un fonctionnaire de police a été condamné à cinq ans de prison ferme pour avoir monnayé, selon les faits retenus par la justice, la libération d’un présumé cybercriminel. Le verdict a été rendu ce lundi 15 juin par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Outre cette peine d’emprisonnement, le condamné devra s’acquitter d’une amende de cinq millions de francs CFA. Les faits remontent à plusieurs mois. En effet , lors d’une opération de patrouille, un individu soupçonné d’activités liées à la cybercriminalité avait été interpellé puis conduit au commissariat. Mais, contre toute attente, celui-ci aurait recouvré sa liberté avant même l’intervention de la hiérarchie.
Selon les éléments examinés au cours de la procédure, l’agent de police aurait conclu un arrangement financier avec le suspect. En contrepartie d’une somme estimée à 500 000 FCFA, ce dernier aurait été remis en liberté en dehors de tout cadre légal.
Une autre policière comparaissait également dans ce dossier. Il lui était reproché d’avoir reçu une enveloppe contenant 50 000 FCFA. Toutefois, la juridiction a estimé que son implication n’était pas suffisamment établie. À l’en croire, elle pensait qu’il s’agissait d’une contribution destinée à une tontine organisée au sein du commissariat. Après avoir découvert la provenance réelle des fonds, elle les aurait aussitôt restitués, ce qui lui a valu une relaxe au bénéfice du doute.
Avec ce verdict, la justice clôt un dossier qui aura mis en lumière de graves manquements au sein d’un service chargé de faire respecter la loi. Une affaire qui relance, une fois encore, le débat sur l’exigence d’intégrité et d’exemplarité au sein des forces de sécurité.
Alola BIAOU