Le gouvernement ivoirien a annoncé la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), accusée depuis plusieurs années de manquer d’impartialité. Cette décision intervient dans un climat politique encore marqué par les tensions autour de la présidentielle de 2025.
La Côte d’Ivoire ouvre une nouvelle page de son histoire électorale. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 6 mai, le gouvernement a officiellement dissous la Commission électorale indépendante (CEI), institution chargée d’organiser les élections depuis 2001. Selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, cette mesure vise à mettre en place « un nouveau mécanisme de gestion des élections » capable de « garantir durablement des scrutins apaisés ».
Depuis plusieurs années, l’opposition et des organisations de la société civile dénonçaient la composition et le fonctionnement de la CEI, qu’elles jugeaient trop favorables au pouvoir du président Alassane Ouattara. Plusieurs partis avaient même retiré leurs représentants de l’institution en 2025 pour protester contre son manque supposé d’indépendance.
La dissolution de la CEI intervient quelques mois après l’élection présidentielle d’octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara avec près de 90 % des suffrages. Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, avaient été écartées du scrutin, alimentant les critiques sur l’inclusivité du processus électoral.
Le chef de l’État reconnaît lui-même que, malgré « des avancées notables », les différents cycles électoraux ont souvent suscité « des critiques et des réserves ».
Dans un pays encore marqué par la crise postélectorale de 2010-2011, qui avait fait plus de 3 000 morts, cette réforme apparaît comme un enjeu majeur pour la stabilité politique et démocratique de la Côte d’Ivoire.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU