L’aide publique au développement (APD) connaît en 2025 une baisse historique. Selon les données préliminaires de l’OCDE reprises par Our World in Data, les membres et associés du Comité d’aide au développement (CAD) ont consacré 174,3 milliards de dollars à l’aide internationale, soit une diminution de 23,1 % en termes réels par rapport à 2024.
Le classement des dix premiers donateurs en volume connaît un changement majeur. L’Allemagne arrive en tête avec 29,1 milliards de dollars, devant les États-Unis avec 29 milliards. Suivent le Royaume-Uni (17,2 milliards), le Japon (16,2 milliards), la France (14,5 milliards), les Pays-Bas (7,7 milliards), l’Italie (7,3 milliards), le Canada (7,2 milliards), la Suède (6 milliards) et la Norvège (5,7 milliards).
Ce classement marque un basculement inédit. En 2024, les États-Unis dominaient largement avec 63,3 milliards de dollars, devant l’Allemagne (32,4 milliards). Sous Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche en janvier 2025, Washington a engagé le démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), créée en 1961 et longtemps considérée comme le principal instrument américain d’aide au développement.
Conséquence : en 2025, l’aide américaine s’est effondrée de 56,9 %, à 29 milliards. Cette contraction constitue la plus importante baisse annuelle enregistrée par un donateur dans l’histoire de l’APD et représente à elle seule environ les trois quarts de la diminution totale.
La réduction ne concerne toutefois pas uniquement Washington. L’Allemagne a diminué son APD de 17,4 %, la France de 10,9 %, le Royaume-Uni de 10,8 % et le Japon de 5,6 %. Au total, 26 des 34 membres du CAD ont réduit leurs financements.
Toutefois deux exceptions apparaissent parmi les dix premiers. L’Italie et la Suède ont augmenté légèrement leur aide. La Suède atteint notamment 0,85 % de son revenu national brut, tandis que la Norvège est le seul pays à dépasser 1 %, avec 1,03 %.
Une conséquence directe pour les pays vulnérables
La réduction intervient alors que les besoins humanitaires restent élevés. L’aide destinée à l’Afrique subsaharienne a diminué de 26,3 %, tandis que celle destinée aux pays les moins avancés a reculé de 25,8 %. L’aide humanitaire a, elle aussi, diminué de 35,8 %, à 15,5 milliards de dollars.
Cette chute ramène l’APD à un niveau comparable à celui de 2015, année du lancement de l’Agenda 2030. Pour les pays dépendants de l’aide extérieure, notamment en Afrique subsaharienne, la réduction des financements constitue une menace pour l’aide humanitaire, dans un contexte géopolitique de plus en plus marqué par des crises sécuritaires.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU