Invité sur l’émission « Grand Angle » de Cristal News, le père Arnaud-Éric Aguénounon, philosophe politique et directeur de l’IAJP, livre son analyse de l’annonce du projet de loi sur les associations religieuses et du fonctionnement du pouvoir depuis 2016.
Pour le père Arnaud-Éric Aguénounon, philosophe politique et directeur de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix, cette décision n’est pas une surprise. Selon lui, elle s’inscrit dans une suite logique commencée depuis 2016. Il explique que le pouvoir a déjà réformé plusieurs domaines : l’économie, la politique, la culture. Pour lui, le dernier domaine à toucher est celui de la religion. Sur ce point, il a tenu à rappeler que le Bénin est un pays profondément religieux. On y trouve la religion traditionnelle, les églises protestantes, l’Église catholique et l’islam. Toutes ces religions sont très présentes dans la vie des citoyens. C’est pourquoi il dit qu’intervenir dans le domaine religieux, c’est toucher à ce qu’il y a de plus sensible chez l’homme : sa foi et sa conscience. Il demande donc beaucoup de prudence.
Dans son analyse, le père Aguénounon estime que l’Église catholique est celle qui parle le plus dans l’espace public. Les autres confessions ont d’autres priorités. Mais il ne croit pas que l’État cherche à bloquer l’Église catholique. À cause de son statut international et de ses relations diplomatiques à travers le Vatican, toute loi devra respecter les règles internationales sur la liberté de culte et de conscience. Sur le plan politique, il a fait le bilan des dix dernières années. Il pense que le pouvoir actuel a construit un système solide. Peu à peu, les partis politiques ont été affaiblis, la parole publique a été encadrée, et une seule personne a réussi à diriger le pays sans grande opposition. Il explique cela par le calme du peuple béninois et par le fait que la classe politique a laissé faire.
Par ailleurs, avec l’arrivée au pouvoir du président Romuald Wadagni en 2026 et le rôle de Patrice Talon à la tête du Sénat, le père Aguénounon voit une nouvelle étape. Il imagine que les deux hommes vont se partager les responsabilités. L’un va gérer le gouvernement, l’autre va jouer un rôle d’accompagnement et de surveillance depuis le Sénat. Pour lui, le nouveau président devra maintenant montrer sa propre capacité à diriger, à respecter les engagements du pays et à défendre les droits des citoyens.
En clair , le système reste, mais ce sont les hommes qui changent et qui devront prouver ce qu’ils valent.
Alola BIAOU